Photo : L’attaquant nigérian Victor Osimhen
Quatre fois vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le Nigéria ne disputera pas la finale de la CAN 2025. La génération portée par Victor Osimhen, annoncée comme l’une des plus redoutables du continent, a vu son ambition s’arrêter en demi-finale, ce mercredi 14 janvier, au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat. Au terme d’un match âprement disputé, les Super Eagles ont été stoppés par les Lions de l’Atlas (4-2 aux tirs au but), après un score nul et vierge à l’issue du temps réglementaire et de la prolongation. Alors que la finale du dimanche 18 janvier prochain devait opposer le Nigéria au Sénégal, tombeur plus tôt de l’Égypte (1-0), l’élimination nigériane par le Maroc a provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières de nos voisins de l’Est.
Lien singulier entre le Nigéria et le Togo
À Lomé, capitale des Éperviers, le coup de sifflet final a plongé la ville phare du Togo dans un silence quasi cimetière, tant l’attachement du peuple togolais aux Super Eagles est profond. Ce lien singulier entre le Nigéria et le Togo ne relève pas du hasard. Il est historique, humain et économique. Le Nigéria est depuis des décennies une terre d’accueil pour de nombreux togolais, tout comme le Togo l’est pour les nigérians. À Lomé, certains togolais travaillent pour des hommes d’affaires nigérians, notamment dans les secteurs de l’import-export, profitant du rôle stratégique du Port Autonome de Lomé (PAL), véritable hub logistique de la sous-région. D’autres liens se sont tissés à travers des mariages mixtes, renforçant cette proximité fraternelle entre les deux peuples.
Une admiration largement partagée
Sur le plan sportif, et plus particulièrement footballistique, le Nigéria suscite une admiration largement partagée. Les Super Eagles séduisent par leur jeu spectaculaire, leur puissance et leur créativité, faisant du football nigérian une référence en Afrique. Cette aura s’est également construiteé sur la scène internationale, notamment à travers les compétitions de jeunes. Le sacre historique aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, avec une finale remportée face à l’Argentine, demeure gravé dans les mémoires. Tout comme la participation remarquée au Mondial 1994, où le Nigéria avait dignement représenté le continent africain.
Une immense déception partagée
Aujourd’hui encore, les stars nigérianes évoluant dans les plus grands championnats européens continuent de faire vibrer les amateurs de football togolais. Des joueurs comme Alex Iwobi, Samuel Chukwueze, Wilfred Ndidi, et bien d’autres, sont suivis chaque week-end par un public togolais passionné, fier de voir l’Afrique briller sur les pelouses européennes. L’élimination face au Maroc met fin à un rêve, mais elle n’entame en rien l’admiration et l’attachement que suscitent les Super Eagles. Pour Lomé comme pour Abuja, cette nuit de Rabat restera celle d’une immense déception partagée, mais aussi d’une fraternité sportive qui dépasse les frontières et les résultats.


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