Photo : Les participants en famille à Cotonou, ce jeudi 29 janvier
L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a lancé, lundi 26 janvier à Cotonou, un atelier régional majeur consacré à la révision des critères harmonisés d’accréditation, de réglementation et d’évaluation des institutions et programmes de formation en sciences de la santé dans l’espace CEDEAO. Pendant cinq jours, jusqu’au 30 janvier, experts, universitaires et responsables d’ordres professionnels planchent sur l’avenir de la qualité de la formation des ressources humaines en santé en Afrique de l’Ouest. Cette rencontre stratégique réunit doyens et recteurs d’institutions de formation, dirigeants de collèges professionnels, ainsi que des experts régionaux et internationaux. Objectif : actualiser un cadre commun capable de garantir des diplômes reconnus, des compétences comparables et une meilleure mobilité des professionnels de santé au sein de la région.
Un enjeu qui dépasse le cadre académique
À l’ouverture des travaux, le ministre béninois de la Santé, Professeur Benjamin Hounkpatin, représenté par son Directeur de Cabinet (DC), Petas Akogbéto, a salué le choix de Cotonou pour abriter cet atelier à forte portée régionale. Il a souligné que l’initiative dépasse largement le cadre technique. Selon lui, il s’agit d’un moment décisif pour l’avenir des systèmes de santé ouest-africains. « Bâtir un savoir crédible, harmonisé et reconnu au-delà des frontières est indispensable pour que les diplômes délivrés dans l’espace CEDEAO deviennent de véritables gages de qualité et de mobilité régionale. », a indiqué Petas Akogbéto. Réaffirmant l’engagement du Bénin, il a assuré que le gouvernement soutiendra la mise en œuvre des recommandations issues des travaux. « Investir dans la formation en santé, c’est investir dans la vie et l’avenir de nos nations. », a-t-il insisté.
Former, retenir et valoriser les professionnels
Le Directeur général de l’OOAS a replacé l’atelier dans la continuité des idéaux de la Déclaration d’Alma-Ata et du combat toujours d’actualité pour la santé pour tous. Il a dressé un tableau sans complaisance des systèmes de santé de la région, marqués par l’insuffisance du personnel, sa mauvaise répartition et une faible motivation, facteurs majeurs de la migration des professionnels vers d’autres horizons.
Pour lui, la réponse passe par une action coordonnée et durable. « Des professionnels bien formés sauvent des vies. Nous devons les former, les retenir et les valoriser. », a fait savoir Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, rappelant les chantiers déjà engagés par l’institution : harmonisation des curricula, élaboration de modules communs, renforcement des capacités des formateurs, cartographie des besoins en ressources humaines, promotion de la formation continue et plaidoyer pour de meilleures conditions de travail. Le N•1 de l’OOAS a appelé à une coopération renforcée entre États membres, partenaires techniques et financiers, et institutions de formation afin de garantir des soins de santé de qualité, accessibles et durables aux populations de la CEDEAO.
Une mobilisation régionale de haut niveau
Plusieurs figures majeures de la formation en santé dans la région ont pris part aux échanges. Parmi elles, Dr Joan H. E. E. Shepherd, présidente du West African Postgraduate College of Nurses and Midwives et représentante de la Sierra Leone, pays assurant la présidence en exercice de la CEDEAO ; le Professeur Ulrich Bidossessi Vodouhe, vice-doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou, représentant les doyens ; le Professeur Fredrick Ugwumba, Secrétaire général du West African College of Surgeons (WACS), pour les collèges des sciences de la santé ; et le Professeur Agnon A. Koffi Balogou, président du Conseil régional de la formation des professionnels de la santé.
Vers des standards plus solides et reconnus
À l’issue des travaux, les experts sont attendus sur des propositions de critères actualisés, robustes et mieux adaptés aux réalités des pays ouest-africains. L’ambition est claire : bâtir un système de formation en santé solide, crédible et reconnu au-delà des frontières, capable de soutenir des systèmes de santé plus performants. À travers cette initiative, l’OOAS confirme son rôle central dans la construction d’un espace sanitaire régional plus intégré, où la qualité de la formation devient un levier essentiel pour améliorer durablement la santé des populations ouest-africaines.






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