Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

CRIET : L’ex-ministre Alassane Tigri envoyé en prison dans l’affaire du coup d’État du 7 décembre 2025, imputé à son frère, le lieutenant-colonel Pascal Tigri

Photo : Le prisonnier Alassane Tigri


L’ex-ministre des Sports du gouvernement Yayi, Alassane Tigri, figure bien connue de la scène politique béninoise et vice-président du parti Les Démocrates (LD), formation d’opposition dirigée par l’ancien président Dr Thomas Boni Yayi (2006-2016), a été placé sous mandat de dépôt, ce jeudi 29 janvier, à l’issue de son audition devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Mercredi 28 janvier, les forces de l’ordre ont interpellé Alassane Tigri à son domicile de Cotonou, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par le juge d’instruction, dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, imputée à son frère, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, toujours en cavale, selon le parquet.

Dizaines de militaires… plusieurs civils, arrêtés

Quelques dizaines de militaires ainsi que plusieurs civils ont été arrêtés dans cette même affaire, marquée par une forte émotion et de nombreuses interrogations à l’échelle nationale. Au cours de son audition devant la CRIET, l’ex-ministre a assuré que la veille du putsch, le samedi 6 décembre 2025, il avait reçu un appel téléphonique de son frère lui demandant simplement où il se trouvait. « J’étais à Tanguiéta à ce moment-là. », a déclaré Alassane Tigri, précisant que l’appel s’était brusquement interrompu. « Je n’ai rien demandé de plus et, comme tout le monde, j’ai appris les événements par les médias et les réseaux sociaux le lendemain. », a-t-il affirmé. Il a également expliqué avoir pris la fuite temporairement après les faits « par crainte pour sa vie », avant d’être appréhendé plus d’un mois après ces événements.

Les charges pour atteinte à la sûreté de l’État…

Le ministère public avait requis sa détention, estimant que les charges pour atteinte à la sûreté de l’État et/ou pour intelligence avec une puissance étrangère justifiaient une incarcération. Le juge des libertés et de la détention a suivi cette position, émettant un mandat de dépôt. Alassane Tigri a depuis été conduit à la prison, et son dossier a été transmis à la commission d’instruction de la CRIET pour poursuite de l’enquête. Dès le lundi 8 décembre 2025, au lendemain de l’échec du putsch, Alassane Tigri avait publiquement condamné l’action de son frère, exprimé « sa profonde douleur pour les victimes », et réaffirmé son attachement à « l’unité nationale et au rejet de toute prise de pouvoir par la force ». Dans une série de publications et d’interviews, il avait aussi dénoncé comme diffamatoires les accusations et rumeurs le visant personnellement dans cette affaire.

Poursuivis pour des faits similaires

L’affaire, qui a secoué l’opinion publique, a déjà conduit à l’incarcération de plus d’une trentaine de militaires, ainsi que de civils tels que Candide Azannaï, ancien ministre délégué chargé de la Défense auprès du président Patrice Talon, et le député Sounon Boké, tous poursuivis pour des faits similaires. Par ailleurs, Alassane Tigri avait été candidat lors des élections législatives du 11 janvier, mais Les Démocrates n’ont pas atteint le seuil des 20% requis par le Code électoral pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale. La future législature, dont l’installation est prévue dimanche 8 février prochain, devrait être dominée par les partis de la majorité présidentielle, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR), respectivement crédités de 60 et 49 sièges dans l’hémicycle de 109 députés.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.