Photo : Les participants en famille, à Cotonou, ce lundi 2 février
Un atelier régional de formation consacré au blanchiment des avoirs criminels et au financement du terrorisme s’est ouvert ce lundi 2 février à Cotonou, pour trois jours d’échanges et de renforcement de capacités entre acteurs judiciaires et institutionnels de plusieurs pays africains. Organisée par le Ministère de la Justice et de la Législation (MJL) du Bénin, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au Bureau de l’Entraide Pénale Internationale (BEPI), piloté par Expertise France. Elle réunit des représentants du Sénégal, du Tchad, de la Guinée, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire et du Bénin autour d’un enjeu commun : mieux détecter, poursuivre, saisir et confisquer les avoirs issus d’activités criminelles, tout en renforçant la lutte contre le financement du terrorisme.
Une menace transnationale aux conséquences lourdes
Dans son mot de bienvenue, la Directrice du Bureau de la Coopération et de l’Entraide Judiciaire (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, a souligné l’importance stratégique de cette initiative régionale. L’autorité policière a rappelé que le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme constituent des menaces majeures pour la stabilité économique des États, la sécurité nationale et la paix sociale. Face à des réseaux criminels de plus en plus organisés et opérant au-delà des frontières, elle a insisté sur la nécessité d’une coopération judiciaire internationale renforcée. « Aucune nation ne peut, à elle seule, faire face efficacement à une criminalité aussi structurée et mobile. », a laissé entendre Innocentia Apovo Monteiro, appelant à une synergie accrue entre les systèmes judiciaires.
L’engagement réaffirmé du Bénin
Procédant à l’ouverture officielle des travaux au nom du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Me Yvon Détchénou, le Directeur de Cabinet, Florentin Gbodou, a réaffirmé l’engagement du gouvernement béninois à soutenir toutes les initiatives visant à renforcer les capacités des acteurs de la chaîne pénale. Il a mis en exergue le rôle stratégique du BCEJ, véritable pivot de l’entraide judiciaire internationale, notamment dans la facilitation des échanges d’informations et la coordination entre autorités compétentes aux niveaux national, régional et international. Selon lui, le renforcement de ces mécanismes est essentiel pour rendre plus efficaces les procédures de traque et de récupération des avoirs criminels.
Des recommandations attendues
Le représentant du ministre a également exprimé la reconnaissance du Bénin à Expertise France et aux partenaires techniques pour leur accompagnement constant. Il a exhorté les participants à tirer le meilleur parti des travaux afin de formuler des recommandations concrètes, pragmatiques et adaptées aux réalités des États représentés. Durant ces trois jours, les experts partageront expériences, outils juridiques et bonnes pratiques, dans une dynamique de réflexion stratégique commune. L’ambition affichée est claire : renforcer durablement l’efficacité des dispositifs nationaux, régionaux et internationaux de lutte contre la criminalité financière transnationale. À travers cet atelier, Cotonou se positionne ainsi comme un carrefour de la coopération judiciaire africaine, au service d’une riposte collective contre des flux financiers illicites qui fragilisent les économies et alimentent l’insécurité à l’échelle du continent.

























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