L’Afrique de l’Ouest vient de franchir un cap décisif dans la lutte contre la fièvre de Lassa. La Feuille de route d’accès de bout en bout (E2E) pour combattre cette maladie virale a été officiellement lancée, ce mardi 3 février, marquant une avancée stratégique majeure vers un accès équitable aux futurs vaccins et outils de riposte dans la région. Portée sous le leadership de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS/WAHO) que dirige Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, avec l’appui de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), cette initiative régionale inédite vise à anticiper toutes les étapes nécessaires pour que les pays ouest-africains soient prêts dès que des vaccins sûrs et efficaces contre la fièvre de Lassa seront disponibles.
Une menace persistante pour la région
Endémique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, la fièvre de Lassa demeure une urgence sanitaire silencieuse mais redoutable. Chaque année, la maladie provoque des milliers de décès, fragilise des systèmes de santé déjà sous pression et entraîne d’importantes conséquences socio-économiques pour les communautés touchées. Si plusieurs candidats vaccins prometteurs sont actuellement en développement, les experts rappellent que l’innovation scientifique ne suffit pas à elle seule. L’histoire récente des épidémies a montré que l’absence de préparation en amont peut retarder l’accès aux vaccins, même lorsqu’ils existent. « Les premiers vaccins contre la fièvre de Lassa pourraient être approuvés dans les cinq prochaines années. Nous devons donc commencer à nous préparer dès maintenant. », a souligné Emma Wheatley, Directrice exécutive de l’Accès et du Développement commercial à la CEPI.
Une approche complète, de la recherche à l’accès durable
La feuille de route E2E adopte une vision globale et structurée. Elle relie toutes les étapes du parcours vaccinal : recherche et développement, préparation réglementaire et politique, planification de la fabrication et de l’approvisionnement, financement, mécanismes d’achat, logistique de distribution et viabilité à long terme. En définissant clairement les rôles, les responsabilités, les échéances et les points de décision, le document offre un cadre de coordination inédit pour les gouvernements, les bailleurs, les développeurs de vaccins, les fabricants et les partenaires de mise en œuvre. L’objectif : garantir un accès rapide, abordable et équitable, en priorité dans les pays où la maladie est endémique.
Un leadership ouest-africain affirmé
Élaborée à l’issue de larges consultations impliquant États membres, institutions régionales, experts techniques, organisations de la société civile et partenaires internationaux, la feuille de route dont une copie du communiqué conjoint est parvenue à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo, place l’appropriation régionale au cœur de son approche. Pour le Directeur des services de santé à l’OOAS, Dr Virgil Lokossou, cette démarche marque un tournant :
« Mettre fin à la menace que représente la fièvre de Lassa exige des actions précoces et délibérées, fondées sur une forte préparation régionale et des partenariats durables. Cette feuille de route constitue une avancée décisive : un cadre clair, dirigé par la région, à travers lequel l’Afrique de l’Ouest définit ses propres priorités en matière d’accès aux vaccins. »
Un appel à l’action et aux investissements
Au-delà d’un simple outil de planification, la feuille de route E2E se veut un véritable appel à l’action. Elle invite à renforcer la collaboration entre acteurs du secteur de la santé et à mobiliser des financements durables pour éviter les retards et inégalités observés lors de précédentes crises sanitaires. En structurant dès aujourd’hui la préparation régionale, l’OOAS et la CEPI entendent poser les bases d’une réponse plus rapide, plus coordonnée et plus équitable face à la fièvre de Lassa et, plus largement, face aux futures menaces épidémiques. Avec cette initiative, l’Afrique de l’Ouest affirme sa volonté de ne plus subir les épidémies, mais de les anticiper, en plaçant l’accès équitable aux vaccins au cœur de sa stratégie de sécurité sanitaire.


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