Photo : L’entrée remarquée du président de l’UP-R, Prof Joseph Fifamin Djogbénou, à Porto-Novo, ce dimanche 8 février
Porto-Novo a renoué, ce dimanche 8 février, avec le cérémonial républicain des grands jours. Au Palais des Gouverneurs, les 109 députés de la 10ᵉ mandature de l’Assemblée nationale foulent le sol de la capitale béninoise pour officiellement prendre fonction, marquant le début d’un nouveau cycle parlementaire placé sous le signe du renouveau institutionnel et d’un rapport de forces clairement redessiné. Parmi les arrivées les plus remarquées, celle du professeur Joseph Fifamin Djogbénou, député élu dans la 23ᵉ circonscription électorale (Abomey, Agbangnizoun, Bohicon et Djidja), dans le département du Zou. Président de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), formation majoritaire avec 60 députés, l’ancien haut responsable d’État a fait une entrée qui n’est pas passée inaperçue.
Profil s’impose naturellement
Costume sombre impeccablement taillé, démarche assurée, regard droit : l’allure évoquait déjà celle d’un homme appelé à jouer les premiers rôles dans l’hémicycle. Entouré de cadres et responsables du parti au Baobab coiffé d’arc-en-ciel, Joseph Fifamin Djogbénou a projeté l’image d’un leader conscient de la responsabilité historique qui l’attend. Dans les couloirs, les commentaires vont bon train : pour beaucoup, son profil s’impose naturellement comme celui du prochain président de l’Assemblée nationale.
Un retour au Parlement chargé de symbole
Élu député par le passé sans avoir siégé, le professeur Djogbénou revient cette fois dans l’arène parlementaire avec un parcours institutionnel dense : avocat, ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation dans le premier gouvernement du président Patrice Talon, et ancien président de la Cour constitutionnelle. Un itinéraire qui lui confère une connaissance fine des équilibres juridiques et politiques de l’État. Son accueil au Palais des Gouverneurs a renforcé l’impression d’une autorité déjà installée. Le Premier Vice-président du Bureau sortant, Barthélémy Kassa, est allé à sa rencontre dans une posture empreinte de respect et de considération. Une séquence forte, hautement symbolique, que certains observateurs interprètent comme le signe d’un nouveau centre de gravité au sein de l’institution parlementaire.
Une législature sous un nouveau cadre juridique
L’installation de cette 10ᵉ mandature intervient dans un cadre juridique réaménagé. Elle découle des nouvelles dispositions du code électoral issues de la loi n°2024-13 du 15 mars 2024, qui fixe désormais l’entrée en fonction des députés au deuxième dimanche du mois de février de l’année électorale. Autre nouveauté majeure : le mandat parlementaire étendu à sept ans, ouvrant une période plus longue pour l’action législative et le contrôle de l’exécutif. La composition de la nouvelle Assemblée, avec 28 femmes parlementaires, traduit par ailleurs une progression de la représentation féminine, signe d’une évolution progressive du paysage politique national.
L’UP-R en position de force
Avec 60 sièges, l’UP-R s’impose comme la principale force politique de cette législature. Cette majorité confère au parti une responsabilité particulière dans l’orientation des travaux parlementaires, la stabilité institutionnelle et l’accompagnement des réformes. Dans ce contexte, l’arrivée de Joseph Fifamin Djogbénou ne se limite pas à l’occupation d’un siège. Elle incarne la volonté d’insuffler une direction stratégique à l’action parlementaire. Juriste chevronné et homme de dossiers, il apparaît comme l’un des architectes potentiels d’un Parlement appelé à jouer un rôle déterminant dans la consolidation des réformes engagées ces dernières années.
Un Parlement au cœur de l’équilibre institutionnel
Conformément à l’article 79, alinéa 2, de la Constitution, les députés auront pour missions essentielles de discuter et voter les lois et de contrôler l’action du Gouvernement. Un rôle central qui place l’Assemblée nationale au cœur de l’équilibre institutionnel et du fonctionnement démocratique du Bénin. À l’ouverture de cette 10ᵉ législature, le décor est donc planté. Entre nouvelles règles du jeu, majorité affirmée et leadership en construction, l’entrée remarquée du professeur Joseph Fifamin Djogbénou donne déjà le ton : celui d’une ambition politique structurée, portée par l’UP-R, et orientée vers un Parlement de renouveau au service de la République.


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