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Sécurité sanitaire : À Cotonou, l’OOAS renforce la surveillance intégrée selon l’approche « Une Seule Santé »

Photo : Les participants en famille, à Cotonou, ce lundi 23 février


Cotonou accueille, depuis ce lundi 23 février, et ce, jusqu’au vendredi 27 février prochain, un atelier régional de haut niveau consacré au renforcement de la surveillance intégrée selon l’approche « Une Seule Santé » dans l’espace CEDEAO. Organisée par l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), institution spécialisée de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dirigée par Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, cette rencontre stratégique réunit à Cotonou les principaux acteurs de la sécurité sanitaire régionale. Autour de la table : des représentants des ministères en charge de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement des États membres, ainsi que des institutions régionales et des partenaires techniques et financiers, notamment l’Africa CDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la GIZ/RPPP3 et l’Institut Pasteur de Dakar.

Une transformation structurelle des systèmes de surveillance

L’objectif de l’atelier est clair : consolider les systèmes régionaux de surveillance épidémiologique en promouvant une approche intégrée reliant la santé humaine, la santé animale et l’environnement, conformément au cadre « Une Seule Santé » adopté par la CEDEAO. Ouvrant les travaux au nom du ministre de la Santé, le Professeur Benjamin B. Hounkpatin, la Directrice adjointe de Cabinet, Dr Françoise Sibylle Assavoédo, a insisté sur l’urgence d’une réponse collective face aux menaces sanitaires. « Les défis de santé publique nécessitent des réponses coordonnées, intégrées et anticipatives. », a-t-elle déclaré, soulignant que l’approche « Une Seule Santé » constitue « une transformation structurelle des systèmes de surveillance », en considérant la santé humaine, animale et environnementale comme un continuum indissociable. La représentante du ministre a plaidé pour l’harmonisation de la gestion des données, l’amélioration de la qualité de l’information sanitaire et l’interopérabilité des systèmes numériques, érigées en piliers de la souveraineté sanitaire régionale.

Des avancées notables, mais des défis persistants

Représentant le Directeur général de l’OOAS, le Directeur exécutif du Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies de la CEDEAO, Dr Mamadou Diarrassouba, a qualifié l’atelier « d’étape stratégique » pour la sécurité sanitaire régionale, dans un contexte de menaces épidémiques transfrontalières croissantes. Il a rappelé les progrès enregistrés ces dernières années, notamment l’opérationnalisation de la plateforme régionale basée sur DHIS2, le développement de la plateforme ECOAlert, le partage automatique des données entre États membres et l’adoption formelle du cadre « Une Seule Santé ». Depuis 2014, l’OOAS déploie en effet une plateforme numérique régionale afin d’améliorer le suivi des maladies épidémiques et le partage d’informations. Toutefois, des défis subsistent : interopérabilité limitée des systèmes, intégration incomplète des indicateurs de santé animale et environnementale, résilience encore fragile des mécanismes de collecte et de transmission des données. L’autorité régionale a ainsi appelé les États membres et les partenaires à renforcer le Réseau régional de surveillance intégrée et à accélérer la mise en œuvre de la feuille de route sur la digitalisation.

Cinq priorités stratégiques pour l’Afrique de l’Ouest

Au nom de la Directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest de l’Africa CDC, Maryam Ibrahim Buba a rappelé une évidence :

« Les maladies ne connaissent pas de frontières. »

Elles exigent, selon elle, des réponses rapides, coordonnées et transfrontalières. Elle a décliné cinq priorités stratégiques :

  • renforcer le réseau régional de surveillance,
  • accélérer la transformation numérique,
  • consolider l’approche « Une Seule Santé »,
  • améliorer les mécanismes d’alerte précoce et de réponse rapide, et
  • renforcer la préparation régionale aux urgences sanitaires.

Vers une feuille de route régionale de digitalisation

Durant cinq jours, les participants s’attèleront à évaluer la situation épidémiologique dans les États membres, à présenter et valider le cadre opérationnel du Réseau régional de surveillance « Une Seule Santé », à réviser la liste régionale des maladies prioritaires et à renforcer l’interopérabilité des systèmes numériques. L’atelier devra également aboutir à l’élaboration et à la validation d’une feuille de route régionale pour la digitalisation de la surveillance intégrée, tout en consolidant la collaboration multisectorielle et le partage d’informations entre pays et secteurs. Il convient de noter qu’à l’heure où les crises sanitaires se multiplient et s’entrecroisent avec les enjeux environnementaux et vétérinaires, cette rencontre de la capitale économique béninoise apparaît comme une étape décisive pour renforcer la sécurité sanitaire en Afrique de l’Ouest, en améliorant la préparation, la détection précoce et la réponse coordonnée aux urgences de santé publique.

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