Photo : Les participants en famille, à Freetown, ce mardi 24 février
Depuis ce mardi 24 février, et ce, jusqu’au jeudi 26 février prochain, la capitale sierra-léonaise accueille un atelier national stratégique consacré au renforcement des capacités des groupes de travail sur la fièvre de Lassa. Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), en partenariat avec la Coalition contre la fièvre de Lassa et le Ministère de la Santé et de l’Assainissement (MoHS) de la Sierra Leone, cette rencontre de haut niveau marque une étape décisive dans la préparation du pays à l’introduction future d’un vaccin contre cette maladie virale endémique.
Anticiper pour mieux protéger
À Freetown, l’objectif affiché est clair : renforcer la préparation nationale en vue du futur déploiement d’un vaccin contre la fièvre de Lassa, en adoptant une approche structurée, coordonnée et fondée sur des données probantes. Une anticipation jugée cruciale face à une maladie qui affecte particulièrement les agents de santé de première ligne et contribue à une mortalité maternelle préoccupante. Au nom du MoHS, le Directeur Médical Adjoint chargé de la Santé Publique a réaffirmé l’engagement total du ministère envers le groupe de travail national. Dr Alie Wurie a insisté sur le caractère vital de l’introduction du vaccin, soulignant qu’il constituerait un bouclier essentiel pour les personnels de santé et un levier majeur de réduction des décès liés au virus. La présence du Secrétaire Permanent Principal du MoHS, Andrew L. Sorie, a illustré le soutien institutionnel fort accordé à cette initiative.
Préparation vaccinale et renforcement des systèmes
Représentant l’Agence Nationale de Santé Publique, le Dr Mohammed Vandi a mis en lumière les défis persistants liés à la surveillance épidémiologique et aux capacités diagnostiques. Selon lui, la préparation vaccinale s’inscrit dans une dynamique plus large d’amélioration du système de riposte. Il a rappelé les progrès déjà accomplis par le groupe de travail national, estimant que l’anticipation de l’introduction du vaccin facilitera une prise en charge globale et plus efficace de la maladie. L’événement a également pris une dimension régionale. L’Ambassadeur John Azumah, Représentant de la CEDEAO en Sierra Leone, a souligné que la mobilité transfrontalière impose une réponse coordonnée et multisectorielle. Au-delà du secteur sanitaire, il a plaidé pour l’implication de la société civile ainsi que des secteurs agricole et environnemental, dans une approche intégrée.
Vers un accès équitable aux vaccins
De son côté, Chimezie Anueyiagu, représentant la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), a salué le leadership de la Sierra Leone. Il a réitéré l’engagement de son organisation à soutenir la production de données probantes, notamment à travers des études cliniques. L’objectif : garantir un accès rapide et équitable aux vaccins dès leur disponibilité, avec un horizon de déploiement estimé autour de 2032. Représentant le Directeur Général de l’OOAS, le Dr Salif Gnoumou a, quant à lui, insisté sur la nécessité d’anticiper dès à présent les exigences réglementaires et logistiques. Pour lui, attendre la disponibilité effective du vaccin serait une erreur stratégique : les infrastructures de déploiement doivent être prêtes en amont.
Une feuille de route pour l’action
Durant ces trois jours d’intenses travaux à Freetown, les participants se sont attelés à :
- définir et prioriser les indicateurs de préparation au vaccin contre la fièvre de Lassa pour la Sierra Leone ;
- évaluer les cadres existants pour le déploiement de vaccins expérimentaux en contexte épidémique ;
- identifier les besoins de financement prioritaires et les mécanismes de mobilisation des ressources ;
- valider une feuille de route assortie d’échéances précises pour les actions futures du groupe de travail national.
À l’issue des échanges, un consensus s’est dégagé : la préparation au vaccin ne relève pas uniquement d’une perspective scientifique, mais d’un engagement politique, institutionnel et communautaire. En structurant dès aujourd’hui son dispositif, la Sierra Leone ambitionne de devenir un pionnier régional en matière de préparation à l’introduction du vaccin contre la fièvre de Lassa, transformant ainsi l’anticipation en véritable stratégie de sauvegarde sanitaire.





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