Photo : Le regretté Boncana Maïga
La scène musicale africaine est en deuil. L’animateur de Couleurs Tropicales sur Radio France Internationale (RFI), Claudy Siar, a annoncé ce samedi 28 février, sur sa page Facebook, le décès de l’artiste malien Boncana Maïga, à l’âge de 77 ans. « NOTRE MAESTRO NOUS A QUITTÉ… », écrit-il en ouverture d’un message empreint d’émotion et de solennité. « Une longue carrière, une magnifique carrière. », poursuit l’animateur, saluant le parcours exceptionnel de celui qu’il considère comme l’un des grands artisans des musiques modernes africaines.
Pont musical entre Dakar, New York et La Havane
Natif de Gao, Boncana Maïga s’est éteint à Bamako des suites d’une longue maladie. Compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, il aura profondément marqué l’histoire culturelle du continent, notamment à l’ère des indépendances. Claudy Siar rappelle son amour pour les musiques afro-cubaines, incarnées à travers l’épopée des Las Maravillas de Mali, formation mythique qui symbolisa le dialogue fécond entre l’Afrique et les Caraïbes. Le maestro malien a également laissé son empreinte dans les arrangements du collectif Africando, contribuant à forger ce pont musical entre Dakar, New York et La Havane. Son talent d’orchestrateur s’est aussi illustré dans le reggae d’Alpha Blondy, autre figure majeure de la musique africaine contemporaine.
« (…) L’histoire culturelle de l’Afrique des indépendances »
Au fil des décennies, Boncana Maïga a accompagné et façonné le parcours de nombreux artistes, parmi lesquels la chanteuse Pierrette Adams. Pour Claudy Siar, il aura « écrit l’histoire culturelle de l’Afrique des indépendances », tout en nourrissant, par son inspiration, les sonorités des Caraïbes. Au-delà du musicien, c’est un passeur de mémoire et un pédagogue qui disparaît. « Tant de récits à évoquer, d’histoire à raconter, de savoir à enseigner… », regrette l’animateur de RFI, soulignant l’immense héritage artistique et humain laissé par le maestro. Dans un ultime hommage, Claudy Siar adresse ces mots fraternels :
« Grand frère, que la terre te soit légère et puisses-tu, avec ta maestria légendaire, dire aux ancêtres où nous en sommes dans ce respect de nos identités que tu as su sublimer ».
Avec la disparition de Boncana Maïga, c’est une page majeure de l’histoire musicale africaine qui se tourne, celle d’un créateur visionnaire, artisan des ponts culturels entre l’Afrique et sa diaspora, et figure tutélaire d’une génération d’artistes en quête d’affirmation et de modernité.




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