Photo : Le président du parti LD, l’ancien chef de l’État Dr Thomas Boni Yayi, et son fils Chabi Yayi
C’est un tournant majeur dans la vie politique béninoise. L’ancien chef de l’État, Dr Thomas Boni Yayi, a annoncé, ce mercredi 4 mars, sa démission de la présidence du parti d’opposition Les Démocrates (LD). Une décision lourde de symboles, alors que la formation traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente. Dans une déclaration à tonalité solennelle, l’ex-président béninois a invoqué « un esprit de continuité et de responsabilité » pour justifier son retrait. « Je confie la direction du parti aux Vice-présidents et aux instances dirigeantes dans l’esprit des textes du parti jusqu’au prochain congrès. Je les invite à privilégier une gestion consensuelle et à préserver l’unité du parti. », a déclaré Thomas Boni Yayi. Quelques heures plus tard, un autre coup de théâtre est venu accentuer le séisme interne : son fils, Chabi Yayi, cadre du parti, a également officialisé sa démission.
Une série noire électorale
Cette double démission intervient dans un contexte électoral particulièrement défavorable pour Les Démocrates. Lors des dernières élections législatives et locales couplées, organisées dans le cadre des élections générales de 2026, le parti n’a décroché aucun siège de député ni de conseiller communal. Un revers cinglant qui consacre la domination sans partage des formations soutenant le chef de l’État, Patrice Talon. Les deux partis majeurs de la mouvance présidentielle, à savoir l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR), occupent désormais l’intégralité des 109 sièges de l’Assemblée nationale à Porto-Novo et contrôlent les 77 communes du pays. À l’approche des échéances électorales, plusieurs figures de LD avaient déjà claqué la porte. Certains députés démissionnaires ont d’ailleurs été réélus sous les couleurs des partis de la mouvance présidentielle, illustrant l’ampleur des recompositions politiques en cours.
Une opposition fragilisée
L’annonce de Boni Yayi intervient également alors que Les Démocrates ne seront pas en lice pour l’élection présidentielle prévue, dimanche 12 avril prochain. Une absence qui confirme l’effacement progressif du parti sur l’échiquier national. Pour de nombreux observateurs, la démission de l’ancien président marque la fin d’un cycle politique. Fondateur et figure tutélaire de la formation, Boni Yayi incarnait l’âme et la ligne stratégique du parti. Son retrait pose désormais la question de la survie politique de LD et de sa capacité à se réorganiser en vue d’un éventuel retour. En appelant à « préserver l’unité » et à privilégier « une gestion consensuelle », l’ex-chef de l’État semble vouloir éviter une implosion définitive. Reste à savoir si cette transition interne permettra aux Démocrates de rebondir, ou si elle actera leur marginalisation durable dans un paysage politique béninois largement dominé par la mouvance présidentielle.


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