Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

MFR – Santé des femmes et des filles : L’urgence d’un sursaut régional, le Sénégal plaide pour plus de résilience avec le rôle central de l’OOAS

Photo : La délégation sénégalaise, Dr Aminata Ndiaye en 2e position (de G à la D), à Cotonou, ce mercredi 4 mars


Réunis dans la capitale économique béninoise dans le cadre de la rencontre du comité technique du Mécanisme de Financement Régional (MFR), les experts de la sous-région planchent sur un enjeu crucial : garantir un accès durable et équitable aux produits de santé de la reproduction. Présente à cette rencontre de Cotonou, organisée par l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), Dr Aminata Ndiaye, pharmacienne et représentante de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant du Ministère de la Santé du Sénégal, a livré une analyse lucide des défis et des perspectives pour son pays et la région.

Un mécanisme jugé « pertinent et stratégique »

Pour la représentante sénégalaise, le Mécanisme de Financement Régional constitue une avancée majeure dans la sécurisation des produits de santé reproductive au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Ce mécanisme est pertinent. Il permet de mutualiser les ressources, de limiter les risques et de renforcer la coordination régionale. », affirme Dr Aminata Ndiaye. Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires croissantes et des incertitudes liées aux financements extérieurs, la mutualisation apparaît comme un levier stratégique pour consolider la solidarité entre États membres.

Dépendance aux partenaires et fragilité des approvisionnements

Mais les défis restent nombreux. Au Sénégal, les difficultés concernent principalement la disponibilité et l’accessibilité des produits de santé reproductive. À cela s’ajoutent des interrogations sur la visibilité des contrôles qualité réalisés avant la livraison des produits financés par les partenaires. Le principal point de vulnérabilité demeure toutefois la dépendance aux bailleurs extérieurs. « Le financement durable est un défi majeur. Nous restons fortement tributaires des partenaires techniques et financiers. », reconnaît Dr Ndiaye. Elle cite notamment les conséquences du retrait de l’United States Agency for International Development (USAID), qui a entraîné des ruptures et laissé des gaps importants dans l’approvisionnement en produits essentiels. Pour l’acteur sanitaire sénégalais, l’avenir passe par une plus grande autonomie gouvernementale et un engagement budgétaire national renforcé.

Vers des systèmes de santé plus résilients

Au-delà du financement, la priorité est claire : bâtir des systèmes de santé plus résilients. Cela implique un renforcement de la gouvernance, une meilleure coordination sous-régionale et une harmonisation accrue des politiques pharmaceutiques et logistiques. Dans ce cadre, l’OOAS joue un rôle central. L’institution dirigée par Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi met en œuvre plusieurs programmes de santé au profit des États membres de la CEDEAO. Cependant, Dr Ndiaye estime que son action mérite d’être davantage valorisée :

« Beaucoup d’initiatives sont déployées dans nos pays, mais elles ne sont pas suffisamment connues du grand public. Il serait important de renforcer la communication institutionnelle pour mieux faire connaître l’impact de l’OOAS. »

Femmes, adolescentes et enfants au cœur des priorités

En tant que cadre de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant, Dr Aminata Ndiaye insiste sur l’importance des résultats concrets pour les populations cibles : enfants de 0 à 5 ans, adolescents et femmes en âge de reproduction (15 à 49 ans). Elle espère que les travaux de Cotonou déboucheront sur des plans d’action forts permettant d’améliorer l’accès équitable aux produits de santé reproductive dans l’ensemble de la sous-région. « Nous devons réduire drastiquement les inégalités liées à l’accessibilité et garantir les droits des femmes et des filles. C’est un enjeu fondamental pour le développement de nos pays. », martèle-t-elle. Alors que la sous-région fait face à des défis sanitaires et financiers persistants, la réunion de la ville côtière béninoise pourrait marquer une étape décisive vers un financement plus solidaire et durable de la santé reproductive en Afrique de l’Ouest.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.