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Crise sanitaire et judiciaire : Après la condamnation de deux médecins, Patrice Talon convoque le dialogue au Palais de la Marina

Photo : Le chef de l’État Patrice Talon entouré de ses ministres de la Santé, Prof Benjamin Hounkpatin, et de la Justice, Me Yvon Détchénou, à Cotonou, ce lundi 16 mars


Le président de la République, Patrice Talon, a reçu ce lundi 16 mars, au Palais de la Marina les professionnels de santé en formation pour une séance d’échange visant à apaiser les tensions dans le secteur hospitalier. Cette rencontre intervient après la décision de l’Association des Étudiants en Médecine de Cotonou (AEMC) de suspendre les stages hospitaliers en signe de solidarité avec deux médecins en spécialisation récemment condamnés par la justice béninoise. Le chef de l’État était entouré pour l’occasion du ministre de la Santé, le professeur Benjamin Hounkpatin, et du garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, maître Yvon Détchénou. Les doyens des facultés de santé ainsi que les responsables des centres hospitaliers universitaires ont également pris part aux échanges.

Une affaire judiciaire à l’origine de la mobilisation

La crise actuelle trouve son origine dans une décision rendue, le mercredi 11 mars, par le Tribunal de Première Instance (TPI) de Porto-Novo. Deux médecins en spécialisation, de nationalité congolaise, ainsi qu’une gynécologue qu’ils assistaient ont été reconnus coupables d’homicide involontaire dans une affaire liée au décès d’une femme à la suite d’une césarienne. Les deux médecins en formation ont été condamnés à 24 mois de prison, dont 12 mois fermes, ainsi qu’au paiement d’une amende individuelle de 200 000 francs CFA. Ils devront également verser solidairement la somme de cinq millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts à la famille de la patiente décédée. Dans ce dossier, une aide-soignante initialement poursuivie pour non-assistance à personne en danger, a été acquittée par le tribunal.

Suspension des stages hospitaliers

En réaction à cette condamnation, l’AEMC a annoncé, dans un communiqué daté du 12 mars 2026, la suspension des stages hospitaliers. L’association affirme vouloir exprimer sa solidarité envers les médecins en spécialisation incarcérés dans l’affaire survenue au Centre Hospitalier Universitaire Départemental de l’Ouémé (CHUD-O). Les étudiants dénoncent surtout l’absence d’un cadre juridique clair encadrant leur rôle au sein des établissements hospitaliers. Selon eux, aucun document officiel ne définit explicitement leurs droits, leurs attributions ou encore les limites de leurs responsabilités professionnelles.

Des inquiétudes partagées par les médecins en spécialisation

Ces préoccupations sont également relayées par le collectif des médecins en spécialisation et des étudiants en médecine générale du Bénin. Dans un communiqué publié le 13 mars 2026 sur sa page Facebook, le collectif souligne que les étudiants inscrits dans les Diplômes d’Études Spécialisées (DES) participent activement au fonctionnement quotidien des hôpitaux. À en croire ce collectif, ces médecins en formation exercent sans statut juridique clairement défini, sans cadre précis de responsabilité professionnelle et sans garanties institutionnelles adaptées. Une situation qui les expose, selon eux, à de lourdes responsabilités dans un système hospitalier fortement hiérarchisé. Les étudiants expliquent que leur mobilisation vise avant tout à attirer l’attention des autorités de Porto-Novo sur ces difficultés structurelles et à ouvrir un dialogue sur leur statut et leurs conditions de formation.

Les stages hospitaliers constituent « une composante essentielle et obligatoire »

Face à la suspension des activités hospitalières, le doyen de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de Cotonou, le professeur Josué Déjinnin Georges Avakoudjo, a rappelé dans un communiqué que les stages hospitaliers constituent « une composante essentielle et obligatoire » de la formation des étudiants en médecine. Il est donc important de relever que la rencontre initiée par le chef de l’État vise ainsi à favoriser un apaisement et à ouvrir des discussions sur les préoccupations soulevées par les étudiants, dans un contexte où la continuité des soins dans les structures hospitalières demeure un enjeu majeur.

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