Freetown, la capitale de la Sierra Leone, s’apprête à devenir, du lundi 20 au samedi 25 avril prochain, l’épicentre des décisions stratégiques en matière de santé en Afrique de l’Ouest. À l’initiative de Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), la 27ᵉ Session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réunira les principaux décideurs sanitaires de la région autour d’un enjeu majeur : l’élimination du paludisme.
112 millions de cas de paludisme et plus de 310 000 décès par an
Placée sous le thème « Élimination du paludisme dans l’espace CEDEAO : une approche régionale intégrée », cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte préoccupant. Chaque année, la région enregistre plus de 112 millions de cas de paludisme et plus de 310 000 décès, touchant particulièrement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Face à cette urgence sanitaire, les ministres sont appelés à définir des orientations stratégiques communes pour intensifier la lutte contre cette maladie endémique. Instance politique majeure, l’Assemblée des ministres de la Santé constitue un cadre privilégié de concertation et de décision. Elle permet d’évaluer les progrès réalisés par les États membres, de renforcer la coopération régionale et d’adopter des mesures concrètes pour améliorer durablement les systèmes de santé.
Des rencontres parallèles pour approfondir les priorités sanitaires
En marge de l’Assemblée, plusieurs rencontres de haut niveau viendront enrichir les débats. Les 17 et 18 avril, une réunion régionale sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents mettra l’accent sur la transformation des résultats de la recherche en politiques publiques efficaces. Par ailleurs, les 20 et 21 avril, Freetown accueillera un dialogue régional sur le financement de la santé. Les participants plancheront sur des mécanismes innovants pour promouvoir un financement durable, équitable et résilient, avec en ligne de mire l’accélération de la couverture sanitaire universelle dans l’espace communautaire. La tenue de cette Assemblée coïncidera avec la Journée Mondiale de lutte contre le Paludisme, offrant une tribune idéale pour renforcer les engagements politiques et mobiliser davantage de ressources contre la maladie.
Un calendrier structuré pour des décisions attendues
Les travaux s’articuleront autour de plusieurs étapes clés, notamment la réunion des points focaux de l’OOAS, les sessions du Comité des experts, le forum des partenaires techniques et financiers, avant la session ministérielle prévue les 24 et 25 avril. Pour Austin Demby, l’enjeu dépasse le cadre d’une simple conférence. Le ministre sierra-léonais ambitionne de faire de cette rencontre « une plateforme d’engagements concrets et d’actions coordonnées » au service des populations ouest-africaines. Il entend également capitaliser sur cet événement pour renforcer la coopération régionale et accélérer la mise en œuvre d’interventions à fort impact, notamment en santé maternelle et infantile. Même son de cloche du côté du Directeur Général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, qui voit en cette Assemblée une opportunité stratégique pour consolider les systèmes de santé dans la région. Il a insisté sur la nécessité d’une action collective face aux défis transfrontaliers, tels que les épidémies, les effets du changement climatique et les contraintes de financement.
Vers une mobilisation régionale renforcée
Au-delà des échanges, la 27ᵉ Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO devrait déboucher sur des décisions structurantes pour accélérer l’élimination du paludisme. Prévention, surveillance épidémiologique, innovation et financement durable seront au cœur des engagements attendus. Dans un contexte où les défis sanitaires restent nombreux, il est clair que cette rencontre de Freetown s’annonce comme un tournant décisif pour une réponse régionale plus coordonnée, résiliente et efficace au service des populations ouest-africaines.


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