Photo : Le DG OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, à Cotonou, ce lundi 23 mars
Le ton est ferme, le message sans ambiguïté. En clôturant l’atelier de lancement de la Politique Régionale de Santé Communautaire (PRSC), ce lundi 23 mars, à Cotonou, le Directeur général de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, a appelé les États de la CEDEAO à rompre avec la dépendance financière extérieure et à miser sur leurs propres ressources pour transformer durablement les systèmes de santé. Dans une salle marquée par une forte mobilisation des acteurs institutionnels et techniques, le patron de l’OOAS a d’abord exprimé sa « reconnaissance et gratitude » à l’ensemble des participants, saluant notamment la présence remarquée de l’ancienne ministre béninoise de la Santé et ancienne DG OOAS, Prof Dorothée Akoko Kindé-Gazard, restée active tout au long des travaux, ainsi que celle du Prof Archille Massougbodji. Mais au-delà des civilités, c’est un véritable appel à l’action que le DG a lancé.
Une réforme ancrée dans le temps, portée par tous
Si cet atelier technique avait été un franc succès ce lundi, le lancement officiel du document demain, mardi 24 mars, n’est pas l’aboutissement d’un travail d’une seule personne. « Ce n’est pas le projet d’un individu, encore moins celui d’un directeur général. », a insisté Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, rappelant que la Politique Régionale de Santé Communautaire est le fruit d’un processus engagé depuis près d’une décennie, amorcé en 2016. « Nous y avons tous apporté notre pierre. D’autres continueront. », a-t-il souligné, appelant à une responsabilité collective pour garantir la réussite de cette réforme. L’enjeu, selon le béninois, est désormais de consolider les acquis et d’assurer une mise en œuvre harmonisée dans les États membres de la CEDEAO, tout en tenant compte des réalités nationales.
Le nerf de la guerre : le financement
Au cœur de son intervention, un point crucial : la mobilisation des ressources. Pour le DG de l’OOAS, il est impératif que les pays ouest-africains reprennent le contrôle du financement de leur système de santé communautaire. « Il ne faudrait plus que nous comptions essentiellement sur les partenaires financiers pour faire évoluer ce système. », a martelé Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, appelant à une véritable prise de conscience collective. Selon le patron de l’OOAS, les communautés ouest-africaines disposent des ressources nécessaires pour soutenir cette transformation, à condition d’y croire et de s’organiser. « Nous sommes capables. Il suffit d’y croire », a-t-il lancé, invitant les États et les populations à valoriser leur potentiel interne.
Mettre les communautés au cœur du système
Dans une vision résolument tournée vers la prévention, Dr Aïssi a insisté sur le rôle central des communautés dans la réussite de cette politique. « On ne peut pas parler de santé des populations sans leur pleine participation. », a-t-il rappelé. L’objectif n’est plus à rappeler : inverser la tendance actuelle en réduisant la pression sur les hôpitaux grâce à une prise en charge efficace en amont. « Moins de malades dans les hôpitaux, c’est plus de richesse pour nos pays. », a-t-il expliqué, liant santé publique et développement économique.
Le Bénin en fer de lance
Le DG de l’OOAS a également salué l’engagement du Bénin, qui s’est porté volontaire pour accompagner d’autres pays dans la mise en œuvre de cette politique. Une initiative qu’il considère comme un signal fort de leadership régional. Les experts mobilisés dans ce cadre auront pour mission d’appuyer les États, notamment les premiers pays pilotes, avec l’accompagnement des institutions sanitaires africaines.
Cap sur l’opérationnalisation
Après une journée en marge du lancement officiel et l’adhésion politique ce mardi, place désormais à l’action. « Demain sera une journée plus technique. », a annoncé le DG, évoquant la nécessité de traduire les engagements en résultats concrets. Pour lui, la PRSC représente bien plus qu’un document stratégique :
« C’est un nouvel outil pour aller vers le bien-être des populations, dans le sens même de la définition de la santé. »
En refermant les travaux, Dr Aïssi a laissé entrevoir une ambition claire : bâtir un système de santé communautaire robuste, autonome et durable, au service des peuples ouest-africains. Un chantier immense, mais désormais lancé.


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