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CEDEAO : « Sans révolution du financement, nos systèmes de santé vont s’effondrer », Dr Aïssi alerte haut et fort les dirigeants puis trace les contours d’un nouveau modèle sanitaire à Cotonou

Photo : Le DG OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, à Cotonou, ce mercredi 25 mars


Le Directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a lancé un appel fort aux États membres de la CEDEAO pour une transformation en profondeur du financement des systèmes de santé, à l’occasion de l’atelier des parlementaires de la CEDEAO consacrée à la mobilisation des ressources domestiques, tenu à Cotonou, ce mercredi 25 mars. Dans un discours engagé, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi a insisté sur l’urgence de repenser les mécanismes de financement. « La question aujourd’hui n’est plus de savoir s’il faut mobiliser des ressources, mais comment les mobiliser efficacement et durablement. », a-t-il martelé.

Des taxes innovantes pour sauver les systèmes de santé

Au cœur de son intervention, le patron de l’OOAS a plaidé pour le recours à des instruments innovants, notamment les taxes et prélèvements spécifiques, susceptibles de générer des ressources substantielles pour le secteur de la santé. À en croire le béninois, premier personnage de l’institution de la CEDEAO spécialisée en santé, ces mécanismes représentent une alternative crédible face à la baisse progressive des financements extérieurs. « Nous ne pouvons plus dépendre exclusivement de l’aide internationale pour financer la santé de nos populations. », a averti Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi.

La santé communautaire comme priorité régionale

Le Directeur général de l’OOAS a également replacé cette rencontre dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Régionale de Santé Communautaire (PRSC) de la CEDEAO, adoptée en 2021. Cette politique vise à rapprocher les soins des populations, renforcer la prévention et améliorer durablement les indicateurs de santé dans la région. Pour Dr Aïssi, sa réussite dépendra fortement de la capacité des États à mobiliser des ressources internes suffisantes.

Parlementaires, acteurs clés du changement

S’adressant directement aux élus, il a rappelé leur rôle stratégique dans la transformation du secteur : voter des lois adaptées, sécuriser les budgets de santé et contrôler l’utilisation des ressources. « Sans votre engagement, il ne peut y avoir ni financement sécurisé, ni amélioration significative des indicateurs de santé. », a-t-il insisté.

Un appel à l’engagement collectif

Dans un contexte de contraintes budgétaires et de recul de certains appuis extérieurs, le DG de l’OOAS a exhorté les États à faire preuve de courage politique et de solidarité régionale. Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour faire de la santé un véritable levier de développement et d’intégration en Afrique de l’Ouest.

Une vision claire : autonomie, solidarité et efficacité

À travers cette intervention, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi trace les contours d’un nouveau modèle sanitaire pour la région : moins dépendant de l’extérieur, mieux financé localement et davantage centré sur les communautés. Un cap ambitieux, mais jugé indispensable pour améliorer durablement la santé et le bien-être des populations ouest-africaines.

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