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SAP : « 70% des décès maternels se produisent en Afrique subsaharienne », Dr Melchior Aïssi alerte et appelle à une riposte urgente depuis Cotonou

Photo : Dr Cletus Adohinzin, représentant le DG OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, à Cotonou, ce mardi 31 mars


La mise en œuvre effective du Système d’Alerte Précoce (SAP) pour les produits de santé de la reproduction est désormais au cœur des priorités régionales. C’est le message central porté par le Directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), le Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, dont le discours a été prononcé par son représentant, le Dr Cletus Adohinzin, à l’ouverture de l’atelier régional conjoint consacré à l’amélioration de cet outil stratégique. Réunis à Cotonou, dans le cadre du Mécanisme de Financement Régional (MFR), les acteurs de la santé de la reproduction poursuivent ainsi une dynamique engagée depuis la 6ᵉ session, tenue en juin 2025. Cette rencontre annuelle s’inscrit dans une volonté d’accélérer l’exécution des actions concrètes pour garantir la disponibilité continue des produits essentiels. D’entrée de jeu, le représentant du DG de l’OOAS a salué la mobilisation des participants et exprimé la gratitude de l’institution envers les autorités béninoises et le peuple du « pays des Amazones » pour leur hospitalité. Il a surtout insisté sur l’importance de la coordination régionale et internationale pour améliorer l’accès aux produits de santé reproductive, notamment ceux liés à la planification familiale.

Une situation sanitaire préoccupante

Le constat dressé est sans appel : l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée par la mortalité maternelle et néonatale. « Près de 70 % des décès maternels se produisent dans notre région. », a rappelé le représentant, pointant du doigt les inégalités persistantes dans l’accès à des services de santé de qualité. Malgré des progrès notables enregistrés ces dernières années, notamment une augmentation du recours aux méthodes contraceptives modernes, les besoins non-satisfaits continuent de croître. Une situation aggravée par la baisse progressive de l’aide publique au développement, qui fragilise le financement des programmes de santé sexuelle et reproductive.

Le SAP, une réponse stratégique aux ruptures

Face à ces défis, l’OOAS plaide pour un renforcement des Systèmes d’Alerte Précoce, considérés comme des outils essentiels pour anticiper les ruptures de stocks et éviter les pertes liées aux expirations de produits. L’objectif est clair : améliorer la visibilité des données, renforcer les capacités des pays à les exploiter efficacement et intégrer ces informations dans les processus décisionnels. « Il s’agit de minimiser les risques et de garantir une meilleure gestion des intrants de santé. », a souligné le représentant. Dans un contexte contraint, l’appel est également lancé à diversifier les partenariats et les sources de financement, notamment au niveau domestique, tout en renforçant la solidarité entre États.

Des objectifs concrets pour des résultats durables

L’atelier de Cotonou ouvert ce mardi se veut résolument opérationnel. Parmi les principales attentes figurent la validation des besoins régionaux en produits de santé reproductive pour la période 2026-2027, ainsi que l’examen approfondi des plans d’approvisionnement nationaux. Les travaux devront également permettre d’identifier les déficits de financement, d’ajuster les projections, d’aligner les priorités techniques sur les calendriers budgétaires nationaux et de structurer les stratégies de plaidoyer pour les prochaines échéances. Un accent particulier est mis sur le renforcement des capacités nationales en matière de planification des approvisionnements, ainsi que sur le partage des expériences et des stratégies de mobilisation des ressources.

Une mobilisation des partenaires saluée

Le représentant du DG de l’OOAS a salué l’engagement constant des partenaires techniques et financiers, notamment la Reproductive Health Supplies Coalition, le Fonds des Nations Unies pour la population, Clinton Health Access Initiative, le Partenariat de Ouagadougou et FP2030. Dr Cletus Adohinzin a félicité les organisateurs et les participants pour leur engagement, tout en exprimant l’espoir que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes et des solutions innovantes, adaptées aux réalités des pays.

Un appel à l’action collective

Au-delà des constats, le message de l’OOAS est clair : face aux défis persistants, l’inaction n’est plus une option. Il s’agit désormais de transformer les engagements en actions concrètes pour garantir un accès équitable et durable aux produits de santé reproductive. « Peu d’alternatives s’offrent à nous : nous devons faire preuve d’ingéniosité, renforcer nos partenariats et rester solidaires. », a conclu le représentant. À Cotonou, les bases d’une réponse régionale plus coordonnée et plus efficace semblent ainsi posées, avec un objectif commun : sauver des vies et améliorer durablement la santé des femmes en Afrique de l’Ouest.

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