Photo : Le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni (D), lors de la passation des charges entre lui et l’ex-ministre Komi Koutché, à Cotonou, le jeudi 7 avril 2016
Dix ans après l’avènement du régime de la Rupture, une page politique majeure semble sur le point de se tourner au Bénin. Désigné candidat du pouvoir pour l’élection présidentielle du 12 avril prochain, Romuald Wadagni apparaît aujourd’hui comme le successeur naturel du président Patrice Talon, dont il fut l’un des plus proches collaborateurs depuis 2016. Tout commence le 6 avril 2016 à Porto-Novo, la capitale béninoise, lorsque Patrice Talon est investi président de la République. Dès le lendemain, le 7 avril, Romuald Wadagni, alors âgé de 39 ans, est propulsé à la tête du Ministère de l’Économie et des Finances. Une nomination qui marque le début d’une ascension rapide au cœur de l’appareil d’État.
Romuald Wadagni, l’un des piliers de la gouvernance économique béninoise
Au fil des remaniements, l’ancien banquier consolide son influence. Lors du premier remaniement du gouvernement, il est élevé au rang de ministre d’État, chargé de l’Économie et des Finances. Plus tard, au cours du second mandat de Patrice Talon, il voit son portefeuille élargi avec la gestion de la Coopération internationale, une prérogative stratégique jusque-là rattachée au ministère des Affaires Étrangères. En une décennie, Romuald Wadagni s’est imposé comme l’un des piliers de la gouvernance économique béninoise, incarnant la rigueur et les réformes portées par le régime. Une proximité politique et personnelle avec le chef de l’État qui nourrit aujourd’hui sa légitimité à briguer la magistrature suprême.
Une élection jouée d’avance…
À 49 ans, il aborde cette échéance électorale dans une position particulièrement favorable. Sur le terrain, sa campagne, lancée le 27 mars autour du slogan « Plus loin, Ensemble », se déroule sans véritable opposition structurée. Le principal parti d’opposition, les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), porté par Paul Hounkpè, sort affaibli des dernières élections législatives et communales du 11 janvier dernier, n’ayant obtenu aucun élu. Dans ce contexte, de nombreux observateurs évoquent une élection jouée d’avance, où le candidat du pouvoir n’aurait plus qu’à franchir une ultime étape formelle dans les urnes.
La montée en puissance d’une nouvelle génération
Si les résultats confirmaient cette dynamique, Romuald Wadagni s’installera au Palais de la Marina, à Cotonou, succédant ainsi à celui qui l’a façonné politiquement pendant une décennie. Conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution en vigueur, il entamerait alors un mandat de sept ans, renouvelable une fois, ouvrant ainsi une nouvelle ère dans la continuité du projet politique de la Rupture. Une transition qui, si elle se confirmait, consacrerait la montée en puissance d’une nouvelle génération au sommet de l’État béninois.


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