Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Kanguka 2025 : « Le Bénin sera sauvé », une prophétie avant l’assaut, quand un cantique résonne avec une nuit de chaos

Photo : L’esplanade de Zinvié noire de fidèles, samedi 6 décembre


Il est près de 18h (heure béninoise), samedi 6 décembre, lorsque, devant une foule compacte venue de plusieurs pays du monde, l’évangéliste burundais, Chris Ndikumana, entonne un cantique devenu leitmotiv de la croisade Kanguka 2025 :

Dans l’esplanade de Zinvié, à Abomey-Calavi, des milliers de fidèles reprennent en chœur ce refrain porté par une ferveur particulière, sous le regard de plusieurs personnalités, dont l’ancien footballeur et international camerounais, Samuel Eto’o Fils, président de la Fédération Camerounaise de Football (FéCaFoot).

Une nuit de chaos

Personne ne sait alors que, quelques heures plus tard, ces paroles prendront un écho inattendu dans une autre partie du pays. En effet, dans la nuit de ce même samedi à dimanche, aux environs de 5 heures du matin, des soldats insurgés menés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri enclenchent une tentative de renversement du pouvoir. Leur premier objectif : la résidence présidentielle à Cotonou. La Garde Républicaine commandée par le Colonel Dieudonné Tévoédjè, déjà en alerte, oppose une résistance immédiate. S’ensuit un échange de tirs d’une intensité rarement connue dans la capitale économique du pays.

Assistant directement aux affrontements

Selon le récit du patron de la Garde Républicaine, le président Patrice Talon se trouve alors auprès des équipes chargées de sa protection, assistant directement aux affrontements. Les pertes seraient significatives dans les deux camps où les soldats loyalistes ont officiellement enregistré un mort. Malmenés par la riposte, les assaillants se replient, puis se redirigent vers la SRTB, la télévision nationale, qu’ils parviennent à contrôler temporairement dans l’espoir de diffuser une déclaration de prise de pouvoir.

Une bataille d’un autre temps

L’armée intervient rapidement, déloge les mutins et procède à plusieurs arrestations. Certains insurgés, pris de panique, auraient abandonné leurs armes sur place. L’attaque, décrite comme « planifiée, coordonnée et particulièrement violente », plonge Cotonou et ses environs dans une atmosphère de guerre. Au fil de la journée du 7 décembre, les Forces Armées Béninoises (FAB) reprennent progressivement le contrôle. Le coup d’État échoue. Le calme, encore fragile, revient au crépuscule. Encore présents sur le sol béninois, la nouvelle s’insinue dans les rangs des fidèles : après la nuit de chaos, le pays est resté debout.

Le spirituel face au politique

Pour de nombreux participants à la croisade, le rapprochement entre le cantique du samedi et les événements de la nuit suivante n’est pas anodin. « C’est spirituellement fort. », confient plusieurs fidèles contactés par la rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo, évoquant une protection divine sur la Nation béninoise. L’évangéliste Chris Ndikumana, présenté comme le « messager de Dieu » dans le cadre de la croisade, a salué les autorités béninoises pour avoir permis la tenue de l’événement sur le territoire.

Entre ferveur et frayeur, une journée marquante

En vingt-quatre heures, le Bénin a vécu deux scènes diamétralement opposées :

  • d’un côté, une célébration religieuse rassemblant des milliers de croyants du monde ;
  • de l’autre, une tentative de prise de pouvoir par les armes.

Et au cœur de cette juxtaposition improbable, une phrase, répétée comme un refrain de résistance : « Le Bénin sera sauvé ». Et le Bénin a été sauvé.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.