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Législatives couplées : Les urnes propulsent des ministres au Palais des Gouverneurs, le gouvernement Talon gagne aussi la bataille de l’Assemblée

Photo : Le président Patrice Talon et les membres de son gouvernement


La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a rendu publics, ce samedi 17 janvier, les résultats provisoires du scrutin législatif et local couplé organisé le dimanche 11 janvier dernier sur l’ensemble du territoire national. Un rendez-vous électoral inédit dans l’histoire politique récente du Bénin, marqué par le couplage, pour la première fois, des élections législatives et communales dans le cadre de l’organisation des élections générales de 2026, qui culmineront avec la présidentielle du 12 avril prochain. Plus de sept millions de béninois étaient appelés aux urnes pour élire les 109 députés de la dixième législature ainsi que les conseillers communaux dans les 77 communes du pays.

Les scores obtenus par les cinq partis

À l’issue du dépouillement, la CENA a communiqué les scores obtenus par les cinq partis politiques en lice. L’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) arrive en tête avec 41,15% des suffrages exprimés, suivie de près par son frère siamois le Bloc Républicain (BR), crédité de 36,64%. Les Démocrates (LD) obtiennent 16,14%, tandis que les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) et le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (MOELE-Bénin) ferment la marche avec respectivement 4,86% et 1,21%. Conformément au Code électoral en vigueur, seuls les partis ayant franchi le seuil strict de 20% des suffrages exprimés à l’échelle nationale peuvent prétendre à la répartition des sièges à l’Assemblée nationale, sauf en cas d’accord électoral permettant un abaissement à 10%. En l’absence d’une telle alliance, Les Démocrates, les FCBE et le MOELE-Bénin sont exclus de la dixième législature.

Une Assemblée dominée par l’UP-R et le BR

Selon les résultats provisoires, la nouvelle Assemblée nationale sera composée exclusivement des deux grandes formations de la mouvance présidentielle. L’UP-R décroche 60 sièges, contre 49 pour le Bloc Républicain. Une progression notable pour l’UP-R, qui détenait 53 sièges dans la législature sortante, tandis que le BR, auparavant à égalité avec Les Démocrates à 28 sièges chacun, réalise une nette avancée. Mais au-delà de cette recomposition parlementaire, un fait politique majeur retient l’attention : l’élection de plusieurs ministres en fonction au sein du futur Parlement.

Quatre ministres élus députés

Quatre membres du gouvernement du président Patrice Talon figurent parmi les députés provisoirement élus. Tous sont issus des deux partis majoritaires appelés à siéger à l’Assemblée nationale. Du côté de l’Union Progressiste le Renouveau, Jean-Michel Hervé Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, fait son entrée au Parlement. Au Bloc Républicain, trois figures de premier plan de l’Exécutif ont été élues : Abdoulaye Bio Tchané, président du parti et ministre d’État chargé du Plan, du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale ; Éléonore Yayi Ladékan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; et Alimatou Shadiya Assouman, ministre de l’Industrie et du Commerce.

Maximal de 72 heures

Comme l’ensemble des députés provisoires, ces ministres élus attendent la confirmation officielle de leur élection par la Cour constitutionnelle, seule institution habilitée à proclamer les résultats définitifs du scrutin après examen des éventuels recours. La loi impose à la haute juridiction un délai maximal de 72 heures à compter de la réception des résultats certifiés par la CENA pour statuer.

Entre Exécutif et Parlement, une équation politique à venir

L’élection de ces membres du gouvernement pose désormais la question de leur avenir politique immédiat : choisiront-ils de siéger à l’Assemblée nationale ou de poursuivre leur mission au sein de l’Exécutif, à l’approche de la fin du second et dernier mandat constitutionnel du président Patrice Talon ? Cette interrogation qui n’a pas sa réponse à la rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo, prend d’autant plus de relief que le dauphin désigné de Patrice Talon pour la présidentielle du 12 avril prochain n’est autre que Romuald Wadagni, ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Coopération.

Peser sur les équilibres institutionnels…

Dans ce contexte de transition politique, la présence (ou non) de ministres au Parlement pourrait peser sur les équilibres institutionnels et les stratégies de la mouvance présidentielle. En attendant la proclamation des résultats définitifs, ces législatives de janvier 2026 confirment une Assemblée nationale monocolore, solidement acquise à l’UP-R et au BR, et marquent une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique béninois à la veille d’une présidentielle décisive.

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