Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Finale CAN 2025 : Chaos, VAR et héroïsme… le Maroc brisé, le Sénégal roi d’Afrique deux étoiles

Photo : Le capitaine d’un soir, Sadio Mané, et les Lions de la Teranga du Sénégal, champions d’Afrique 2025


Après près d’un mois de compétition intense, l’Afrique du football a livré son verdict, ce dimanche 18 janvier, au stade Moulay Abdellah de Rabat. Dans une finale électrique, parfois sublime, parfois chaotique, le Sénégal est sacré en dominant le Maroc au terme d’un combat d’une rare intensité, marqué par des polémiques, des interruptions interminables et une prolongation décisive. Les Lions de la Teranga décrochent ainsi leur deuxième Coupe d’Afrique des Nations, confirmant leur statut de référence continentale.

Une fête africaine avant la tempête

Avant que le ballon ne roule, la cérémonie de clôture a offert un moment de communion et de célébration. Invité de marque, l’acteur britannico-sierra-léonais, Idris Elba, a enflammé l’enceinte de Rabat avec une ode vibrante à l’unité du continent, lançant un appel symbolique : « Make Africa dance one last time ». La béninoise Angélique Kidjo, Lartiste et Jaylann ont ensuite fait vibrer les tribunes en interprétant l’hymne officiel de la compétition, « Africallez », dans une ambiance festive et chargée d’émotion. Mais très vite, la magie artistique a laissé place à la tension sportive.

Deux géants face à face

Champion d’Afrique 2021, le Sénégal est arrivé en finale avec l’assurance d’une équipe qui sait gagner. Les hommes de Pape Thiaw avaient jusque-là survolé leur parcours : une phase de groupes maîtrisée, un quart de finale solide face au Mali, puis une demi-finale étouffante remportée contre l’Égypte (1-0) à Tanger, grâce à un but tardif de Sadio Mané. Une troisième finale en quatre éditions, symbole d’une constance rare au plus haut niveau. En face, le Maroc portait les rêves de tout un peuple. Demi-finalistes de la Coupe du Monde 2022 et portés par une ferveur populaire exceptionnelle, les Lions de l’Atlas ont affiché un visage conquérant tout au long du tournoi. Après avoir écarté le Cameroun avec autorité (2-0), ils ont dû s’arracher en demi-finale face au Nigéria, finalement éliminé aux tirs au but. Emmené par un Brahim Diaz étincelant, meilleur buteur de la CAN, et un Yassine Bounou impérial dans les cages, le Maroc retrouvait une finale continentale pour la première fois depuis 2004, avec l’ambition de décrocher une deuxième étoile, cinquante ans après celle de 1976.

Une finale à haute tension

Dès le coup d’envoi donné par l’arbitre rd-congolais, Jean-Jacques Ndala Ngambo, le rythme est élevé. Pas de round d’observation : le Sénégal presse, le Maroc répond, et le public (plus de 66 000 spectateurs, record d’affluence) joue pleinement son rôle de douzième homme. Les occasions se succèdent de part et d’autre. Bounou s’illustre très tôt, Edouard Mendy lui répond avec autorité. Le duel est physique, engagé, parfois à la limite. Chaque ballon est disputé avec férocité, chaque intervention est applaudie ou sifflée à l’extrême. Malgré un niveau de jeu exceptionnel, le score reste vierge à l’issue du temps réglementaire. La fin de match bascule alors dans la confusion.

Polémiques, tensions et pénalty manqué

À l’approche du temps additionnel, la rencontre se tend dangereusement. Un but sénégalais est refusé, provoquant l’incompréhension et la colère des Lions de la Teranga. Dans la foulée, un penalty est accordé au Maroc après intervention de la VAR. Les esprits s’échauffent, les discussions s’éternisent, les joueurs sénégalais quittent même momentanément le terrain sur instruction de leur sélectionneur, Pape Thiaw. Dans une ambiance devenue délétère, Brahim Diaz s’avance finalement pour tirer le penalty. Sa tentative, une panenka sans conviction, est stoppée par Edouard Mendy. Le stade retient son souffle, la polémique enfle.

Après la rencontre, le gardien sénégalais balaiera toute spéculation : « À une minute de la fin, après 50 ans d’attente pour un titre, personne ne rate volontairement un penalty. Je l’ai arrêté, c’est tout. », tranche Édouard Mendy, refusant également de commenter les tensions : « Ce que l’on s’est dit reste entre nous ».

La délivrance sénégalaise en prolongation

Éprouvés physiquement et nerveusement, les deux camps entament la prolongation. Le Maroc, réduit à dix après la blessure d’Igamane sans possibilité de remplacement, souffre. Et à la 93e minute, le Sénégal frappe enfin. Sur une perte de balle marocaine, Pape Gueye récupère, se projette et déclenche une frappe puissante qui laisse Bounou sans réaction. Le but libérateur, celui qui fait basculer la finale. Derrière, les Lions de la Teranga font preuve d’un sang-froid remarquable. Malgré quelques ultimes assauts marocains, une barre transversale et une dernière poussée désespérée, le Sénégal tient bon jusqu’au coup de sifflet final.

Une deuxième étoile dans la douleur

Dans une atmosphère étrange, presque lourde après tant de tensions, le trophée est finalement remis. Le Sénégal s’impose au terme d’une finale mémorable, aussi intense que controversée, et s’offre son deuxième titre continental. Au-delà du score, cette CAN 2025 restera comme celle de la confirmation pour les Lions de la Teranga, capables de gagner même dans l’adversité la plus extrême. Pour le Maroc, la déception est immense, mais le parcours et le niveau affiché confirment une sélection au sommet du football africain. L’Afrique, elle, aura assisté à l’une des finales les plus marquantes de son histoire récente.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.