Photo : Le présidium à la cérémonie d’ouverture officielle des travaux, à Lomé, lundi 1er décembre 2025
Du lundi 1er au mercredi 3 décembre 2025, Lomé, la capitale togolaise, a été la ville idéale pour une importante rencontre régionale dédiée à l’un des défis sanitaires majeurs du XXIᵉ siècle : la Résistance aux Anti-Microbiens (RAM). La quatrième (4ᵉ) Réunion annuelle du Groupe technique régional sur la RAM et la deuxième (2ᵉ) Assemblée Générale de l’Initiative régionale ouest-africaine pour les laboratoires ; Évaluation externe de la qualité pour la RAM (WARIL-EEQ-RAM), ont rassemblé des représentants des États membres de la CEDEAO, des experts multi-sectoriels ainsi que des Partenaires Techniques et Financiers (PTF). L’objectif affiché de ce rassemblement : examiner les progrès accomplis en matière de surveillance régionale de la Résistance aux Anti-Microbiens, renforcer la coopération entre pays et affiner les priorités opérationnelles pour les années à venir.
Un cadre régional structurant autour du « One Health »
Le franc succès de l’événement met particulièrement en lumière le rôle central joué par l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS). En effet, depuis 2019, l’institution spécialisée de la CEDEAO chargée des questions de santé que dirige Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, a impulsé la création d’un Groupe technique régional multisectoriel ainsi que d’un Observatoire régional de surveillance de la RAM, dans une démarche inspirée de l’approche « Une seule santé » (One Health), qui reconnaît l’interdépendance des dimensions humaine, animale et environnementale dans la propagation des résistances. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la feuille de route régionale de la CEDEAO pour la surveillance et le contrôle de la RAM, adoptée en 2022 par l’Assemblée des Ministres de la Santé. Elle vise à harmoniser la collecte, l’analyse et le partage des données entre les pays membres afin de mieux suivre l’évolution des phénomènes de résistance et d’orienter les politiques de santé publique.
L’appui de partenaires clés
La mise en œuvre des activités de surveillance et de renforcement des capacités bénéficie de l’appui financier et technique du programme PROALAB/KfW. Ce programme apporte un soutien déterminant au renforcement des systèmes de laboratoire et à l’assurance qualité, éléments jugés essentiels pour produire des données fiables et comparables à l’échelle régionale.
Une initiative laboratoire au cœur de la coopération
Parallèlement, la réunion a mis en avant les avancées du programme WARIL-EEQ-RAM, coordonné par l’Institut Pasteur de Dakar. Cette plateforme regroupe des laboratoires d’une douzaine de pays ouest-africains avec pour missions d’améliorer l’identification bactérienne et les tests de sensibilité aux antimicrobiens, mais aussi de stimuler les échanges entre les structures de diagnostic. Les travaux ont permis aux participants de faire le bilan des activités de l’année écoulée, de partager les bonnes pratiques et d’identifier les défis persistants, notamment en matière de standardisation des méthodes, d’accès aux réactifs et d’intégration des données dans des systèmes régionaux.
Renforcement de l’engagement ouest-africain
À l’issue de trois jours d’échanges, la rencontre de Lomé a clairement réaffirmé l’engagement des États membres de la CEDEAO à renforcer une réponse coordonnée, durable et fondée sur des données probantes face à la menace grandissante de la Résistance aux Anti-Microbiens. Pour les acteurs impliqués à l’image du Prof Mounirou Salou, Enseignant Chercheur en Microbiologie à l’Université de Lomé, le succès de ces initiatives repose sur la consolidation des efforts multi-partenariaux, l’harmonisation des pratiques et la mise en place d’une surveillance robuste et pérenne.




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