Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Criminalité financière : « Aucun État ne peut lutter seul », la voix forte d’Innocentia Monteiro Apovo pour une alliance judiciaire sans frontières

Photo : La Directrice du BCEJ, Innocentia Monteiro Apovo, à Cotonou, ce lundi 2 février


Cotonou accueille depuis ce lundi 2 février, un rendez-vous stratégique pour la justice pénale internationale en Afrique francophone. C’est une voix engagée, ferme et résolument tournée vers la coopération internationale qui a ouvert, à Cotonou, l’atelier régional consacré à la lutte contre le blanchiment des produits du crime et le financement du terrorisme. À la tribune, Innocentia Monteiro Apovo, Directrice du Bureau de la Coopération et de l’Entraide Judiciaire (BCEJ), a donné le ton d’une rencontre placée sous le signe de la solidarité judiciaire et de l’action concertée. Organisé par le Ministère de la Justice et de la Législation (MJL) du Bénin, dans le cadre du Projet d’appui au Bureau de l’Entraide Pénale Internationale (BEPI) piloté par Expertise France, l’atelier réunit jusqu’au 4 février des experts et responsables judiciaires venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe.

Un engagement collectif au-delà des frontières

Dès l’entame de son mot de bienvenue, la Directrice du BCEJ a salué la forte dimension internationale de la rencontre. Elle a adressé une mention spéciale aux délégations venues de France, du Sénégal, du Tchad, de la Guinée, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, soulignant que leur présence « constitue un signal fort de notre engagement commun » face à des formes de criminalité qui ne connaissent aucune frontière. Pour l’autorité policière l’heure n’est plus aux actions isolées. « Aucun État ne peut, à lui seul, faire face à ces défis complexes et évolutifs. », a insisté Innocentia Monteiro Apovo, plaidant pour une coopération fondée sur la confiance, le partage d’informations et l’harmonisation des pratiques judiciaires.

Le BCEJ, une jeune structure déjà stratégique

La Directrice a également mis en lumière le rôle croissant du BCEJ, une structure encore récente au sein de l’appareil judiciaire béninois, mais déjà au cœur des mécanismes de coopération pénale internationale. Depuis l’adhésion du Bénin au projet BEPI en 2024, des avancées notables ont été enregistrées. Elle a cité notamment :

  • le renforcement des mécanismes nationaux de coopération judiciaire internationale,
  • une meilleure coordination entre les acteurs institutionnels,
  • la mise en place d’une plateforme de gestion et de suivi des demandes d’entraide pénale, ainsi que
  • l’élaboration d’outils structurants, dont un manuel de formation.

Autant d’initiatives qui contribuent à professionnaliser la réponse judiciaire face à la criminalité transnationale organisée.

Blanchiment et terrorisme : des menaces directes pour les États

Sur le fond, Innocentia Monteiro Apovo n’a pas mâché ses mots. Le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme, a-t-elle rappelé, « constituent des menaces majeures pour la stabilité économique, la sécurité nationale et la paix sociale » des pays. Ces phénomènes, a-t-elle expliqué, alimentent et renforcent d’autres formes de criminalité organisée. D’où la nécessité d’agir en amont : détection précoce des flux financiers suspects, saisies conservatoires, gel des avoirs, confiscation et recouvrement des biens illicites. Pour la Directrice du BCEJ, empêcher la réintroduction de l’argent criminel dans les circuits économiques légaux est un impératif stratégique autant que judiciaire.

La responsable béninoise, cadre de la Police Républicaine, a tenu à exprimer la reconnaissance de son institution envers l’équipe du projet BEPI et Expertise France, dont l’appui technique et l’accompagnement constant sont jugés déterminants. En clôturant son intervention, la N•1 de la BCEJ a formulé un vœu simple mais ambitieux : que ces travaux débouchent sur des actions concrètes et durables. « Seule une collaboration étroite permettra d’obtenir des résultats à la hauteur des enjeux. », a affirmé Innocentia Monteiro Apovo, avant de souhaiter aux participants « des travaux fructueux et un excellent séjour au Bénin ». À Cotonou, la capitale économique béninoise, la lutte contre la criminalité financière et le terrorisme vient ainsi de gagner un nouvel élan, porté par une coopération judiciaire qui se veut plus forte, plus rapide et plus efficace. Il convient de noter que le BEPI intervient aujourd’hui dans 18 pays, avec pour objectif de renforcer l’efficacité de l’entraide pénale internationale.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.