Photo : Les participants en famille à Cotonou, ce lundi 2 mars
La capitale économique béninoise abrite, du lundi 2 au mercredi 4 mars, la réunion du comité technique du Mécanisme de Financement Régional des produits et interventions en santé de la reproduction dans l’espace CEDEAO (MER). Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), avec l’appui de la KFW, coopération financière allemande, cette rencontre stratégique vise à consolider un dispositif régional actif depuis quinze ans au service des femmes, des adolescentes et des familles ouest-africaines.
Un mécanisme régional face à un contexte en mutation
Au nom du Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, Dr Cletus Adohinzin a souhaité la bienvenue aux représentants des États membres, rappelant le caractère éminemment technique de la session. L’objectif : évaluer les performances du mécanisme, identifier les goulots d’étranglement et proposer des ajustements opérationnels adaptés à un environnement régional en constante évolution. Représentant la KFW, David Blohm, Chargé de portefeuille Santé, Éducation et Protection Sociale Afrique de l’Ouest, a salué le rôle moteur de l’OOAS dans la coordination régionale. « Les progrès durables ne se bâtissent jamais seuls. Ils naissent de la coopération, du dialogue et de la complémentarité des efforts. », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’adapter les procédures face aux mutations diplomatiques et institutionnelles dans la sous-région. Il a également évoqué la suspension temporaire de certains dispositifs de financement et les exigences accrues en matière de transparence et de redevabilité, qui appellent à rendre le mécanisme « plus robuste, plus agile et encore plus performant ». Au nom de la coopération allemande, il a réaffirmé l’engagement de la KFW aux côtés de l’OOAS et des États membres pour que le MER continue de « sauver des vies, d’élargir l’accès aux droits en santé sexuelle et reproductive et de renforcer les systèmes de santé ».
Quinze ans d’engagement pour un droit fondamental
Procédant à l’ouverture officielle des travaux, le ministre béninois de la Santé, le Professeur Benjamin Bodounrin Hounkpatin, représenté par son Directeur de Cabinet (DC), Pétas Enagnon Akogbéto, a rappelé la portée historique du mécanisme, créé en 2010 sous l’impulsion conjointe de l’OOAS et de la KFW, puis renforcé par d’autres Partenaires Techniques et Financiers (PTF). « La santé reproductive n’est pas un privilège ; elle est un droit fondamental et un pilier du développement. », a-t-il martelé, soulignant qu’aucune femme ne devrait perdre la vie en donnant la vie et qu’aucun jeune ne devrait être privé d’informations ou d’accès aux services essentiels. Aligné sur les priorités nationales des pays membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le MER poursuit trois ambitions majeures :
- assurer la disponibilité continue des produits de planification familiale,
- renforcer durablement les capacités institutionnelles et opérationnelles, et
- réduire significativement la morbidité et la mortalité maternelle dans la sous-région.
Dans un contexte d’amenuisement des ressources et d’exigence d’atteinte de l’Objectif de Développement Durable 3 (ODD 3) à l’horizon 2030, les deux piliers du mécanisme (le Fonds d’Achat des Produits et le Fonds de Renforcement des Capacités) sont présentés comme de véritables leviers de transformation structurelle des systèmes de santé.
Des décisions attendues au-delà des discours
Pour les participants, la session technique devra permettre d’identifier lucidement les goulots d’étranglement, d’harmoniser les politiques et plans d’action, de sécuriser davantage les chaînes d’approvisionnement et d’améliorer la qualité des services offerts aux populations. Dans un environnement régional marqué par des défis logistiques, financiers et sécuritaires, les autorités appellent à conjuguer rigueur, innovation et anticipation. Renforcement des systèmes d’alerte précoce, optimisation des réseaux de marketing social, harmonisation des politiques : autant d’impératifs jugés non négociables face aux décès maternels et juvéniles encore évitables. « L’histoire ne retiendra pas que nous avons tenu une réunion. Elle retiendra les décisions courageuses prises et qui auront contribué à sauver des vies. », a conclu le représentant du ministre, déclarant ouverts les travaux préparatoires à la prochaine session du comité de pilotage du mécanisme. Après quinze années d’existence, le MER entend ainsi franchir un nouveau cap : consolider la solidarité régionale pour faire de la santé sexuelle et reproductive un droit effectif pour tous dans l’espace CEDEAO.




























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