Photo : La Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et le ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Coopération, Romuald Wadagni
Le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a validé, mardi 24 février dernier, à Washington, les dernières évaluations des programmes économiques du Bénin. Cette décision ouvre la voie à un décaissement supplémentaire d’environ 118 millions de dollars, soit plus de 65,903 milliards de FCFA, en appui aux efforts de stabilisation et de réformes engagés par les autorités béninoises avec à leur tête, le ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Coopération, Romuald Wadagni, sous le leadership éclairé du président Patrice Talon. Cette approbation marque l’aboutissement des cycles entamés il y a plus de deux ans dans le cadre des Facilités Élargies de Crédit (FEC) et du Mécanisme Élargi de Crédit (MEC). Elle boucle également la revue du dispositif consacré à la résilience et à la durabilité, un instrument orienté vers l’accompagnement des réformes climatiques et structurelles.
Un appui budgétaire renforcé
Sur les 118 millions de dollars débloqués, un peu plus de 36 millions proviennent des instruments budgétaires classiques. Rappelons que depuis 2022, ces mécanismes ont permis de mobiliser près de 665 millions de dollars en faveur du Bénin, illustrant la continuité du partenariat entre Porto-Novo et l’institution de Bretton Woods. À cette enveloppe s’ajoutent plus de 81 millions de dollars issus du programme axé sur le climat, mis en place plus récemment. Le cumul de ce guichet dédié à la résilience et à la durabilité approche désormais les 204 millions de dollars, témoignant d’une attention particulière accordée aux enjeux environnementaux et à la transition écologique.
Déficit maîtrisé, ambition maintenue
Selon l’institution financière internationale dirigée par Kristalina Georgieva, le déficit budgétaire du Bénin a été contenu à un peu plus de 3% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2024. Cette performance est attribuée à une augmentation des recettes fiscales et à un encadrement plus strict des dépenses publiques, sans remise en cause des programmes sociaux jugés prioritaires. Porto-Novo affiche désormais l’ambition de ramener le déficit sous le seuil communautaire fixé par l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), qui limite les déséquilibres publics à 3% du PIB. Un objectif stratégique pour consolider la crédibilité macroéconomique du pays au sein de l’espace communautaire.
Croissance soutenue, vigilance sur la dette
Les perspectives demeurent favorables pour 2025. La croissance devrait rester dynamique, portée par la transformation industrielle et le développement des zones économiques spéciales, notamment la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), moteur de la stratégie d’industrialisation du pays. Le déficit extérieur, creusé ces dernières années par d’importantes importations liées aux projets d’infrastructures et à l’essor industriel, amorce progressivement une décrue, selon l’institution basée dans la capitale américaine. Toutefois, le FMI attire l’attention sur le niveau d’endettement public, réévalué à un peu plus de 60% du PIB après l’intégration de certains engagements d’entreprises publiques dans la dette globale. Une alerte qui invite les autorités béninoises à maintenir le cap des réformes structurelles et à poursuivre une gestion prudente des finances publiques. Il est clair qu’à travers cette nouvelle validation, le FMI confirme la solidité des fondamentaux macroéconomiques du Bénin, tout en rappelant l’exigence de rigueur pour préserver la soutenabilité de la dette et accompagner durablement la transformation économique du pays.


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