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Criminalité sans frontières : « L’entraide judiciaire est notre arme la plus redoutable », Innocentia Apovo Monteiro lance un signal fort aux magistrats et OPJ

Photo : La Directrice du BCEJ, Commissaire Divisionnaire, Col Innocentia Apovo Monteiro, à Cotonou, ce jeudi 12 mars


À l’ouverture de l’atelier national de renforcement de capacités des acteurs judiciaires sur la coopération et l’entraide judiciaires en matière pénale, tenu du 12 au 13 mars, à Cotonou, la Directrice de la Coopération et de l’Entraide Judiciaires (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, a lancé un appel fort à une mobilisation accrue des magistrats et officiers de police judiciaire face à la montée de la criminalité transnationale. Devant plusieurs responsables judiciaires, dont le Directeur de Cabinet du Ministère de la Justice et de la Législation (MJL), représentant le Garde des Sceaux Me Yvon Détchénou, la Directrice générale de l’École de Formation des Professions Judiciaires (EFPJ) ainsi que des chefs de juridiction, magistrats et Officiers de Police Judiciaire (OPJ), la responsable judiciaire a insisté sur l’importance stratégique de la coopération entre États dans un monde marqué par des défis sécuritaires de plus en plus complexes.

Hommage aux forces de défense et de sécurité tombées face aux terroristes

L’entame de l’intervention de la Directrice du BCEJ a raisonné en hommage. En effet, Innocentia Apovo Monteiro a invité l’assistance à observer une pensée pour les forces de défense et de sécurité tombées lors de récentes attaques terroristes au Bénin. Selon la responsable, leur sacrifice rappelle la nécessité d’un engagement collectif et constant dans la lutte contre la criminalité et pour la protection des citoyens.

Une criminalité de plus en plus transnationale

Dans son discours de bienvenue, l’autorité judiciaire a souligné l’évolution rapide des formes de criminalité à l’échelle mondiale. Entre la porosité des frontières, l’expansion d’Internet et l’utilisation croissante des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle, les réseaux criminels disposent désormais d’outils leur permettant d’opérer au-delà des frontières nationales. « Un individu peut commettre une infraction dans un pays, se réfugier dans un autre, tandis que les victimes ou les preuves se trouvent dans plusieurs juridictions. », a expliqué Innocentia Apovo Monteiro, ajoutant que certaines infractions peuvent même être commises à distance depuis une simple chambre, touchant des victimes réparties dans plusieurs pays. Face à cette réalité, la coopération internationale et l’entraide judiciaire apparaissent comme des instruments indispensables pour localiser les suspects, collecter les preuves et garantir l’efficacité des poursuites judiciaires.

L’entraide judiciaire, une arme stratégique

Pour Innocentia Apovo Monteiro, l’entraide judiciaire constitue aujourd’hui « l’une des armes les plus redoutables » dont disposent les États pour lutter contre la criminalité organisée. Elle permet notamment de traquer les criminels qui tentent de se réfugier à l’étranger, de geler leurs avoirs illicites et de rendre justice aux victimes, quelle que soit leur nationalité. Dans un contexte où le Bénin s’inscrit dans une dynamique d’ouverture internationale et de développement, la juriste de formation estime que l’anticipation est essentielle afin de faire face aux nouvelles formes de criminalité qui peuvent accompagner cette croissance.

Deux jours pour renforcer les compétences des acteurs judiciaires

Durant les deux jours de travaux, les participants étaient appelés à approfondir leur maîtrise du cadre juridique national, régional et international régissant la coopération judiciaire. Les sessions de formation portent notamment sur les procédures liées à la préparation, à la transmission et à l’exécution des demandes d’entraide judiciaire et d’extradition. L’atelier a prévu également des travaux de groupe, des études de cas et des jeux de rôle afin de permettre aux magistrats et OPJ d’échanger leurs expériences et d’identifier des bonnes pratiques applicables dans leurs juridictions respectives. « Il ne s’agit pas de vous faire un cours magistral, mais de vous fournir une boussole claire et pratique. », a souligné la Directrice.

Des partenaires salués pour leur engagement

Au cours de son intervention, Innocentia Apovo Monteiro a également exprimé sa gratitude aux différentes autorités et partenaires ayant contribué à l’organisation de cet atelier. Elle a notamment salué le soutien du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, du Directeur de Cabinet du ministère, de la Direction générale de l’École de formation des professions judiciaires ainsi que de l’équipe de coordination du projet BEPI pour leur appui technique et financier. Elle a également rendu hommage à ses collaborateurs pour leur engagement dans la réussite de cette initiative.

Une coopération indispensable dans un monde globalisé

En conclusion, la Directrice de la Coopération et de l’Entraide Judiciaire a rappelé que dans un monde globalisé où les criminels exploitent les nouvelles technologies et se déplacent facilement, la collaboration entre États devient une nécessité stratégique. Pour elle, le développement d’un pays doit impérativement s’accompagner d’une capacité renforcée à prévenir et combattre la criminalité organisée. L’atelier de Cotonou s’inscrit ainsi dans la volonté des autorités de Porto-Novo de renforcer les capacités des acteurs judiciaires et de consolider les mécanismes de coopération internationale dans la lutte contre l’impunité.

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