Photo : Le président Patrice Talon
À l’issue de plusieurs jours de tension dans le système sanitaire béninois, le Collectif des étudiants et médecins en formations médicales spécialisées (D.E.S) a annoncé, ce mardi 17 mars, la reprise immédiate des activités hospitalières sur toute l’étendue du territoire national . Cette décision fait suite à une audience solennelle de plus de trois heures tenue la veille au Palais de la Marina, à Cotonou, à l’initiative du président de la République, Patrice Talon.
Une médiation présidentielle décisive
Face à une crise à la fois sanitaire et judiciaire, née après la condamnation de deux médecins en spécialisation dans une affaire de décès post-césarienne, le chef de l’État a personnellement engagé le dialogue avec les acteurs du secteur. Selon la déclaration solennelle du Collectif, cette rencontre, qui a duré plus de trois heures et trente minutes, a permis d’exposer en détail les préoccupations des médecins en formation. Le président de la République a, de son côté, prêté une « oreille attentive » aux inquiétudes soulevées, ouvrant ainsi la voie à des avancées jugées significatives.
Vers un statut juridique protecteur
Au cœur des revendications figurait la question du statut des médecins en formation. Sur ce point, le Collectif indique que le chef de l’État a reconnu la légitimité de leur démarche et pris acte des documents soumis, notamment un mémorandum détaillant les difficultés rencontrées sur le terrain. Une décision majeure a été actée : la mise en place immédiate d’une commission ad hoc. Cette instance aura pour mission d’élaborer un cadre juridique clair et protecteur pour les étudiants et médecins en spécialisation, ainsi que de proposer de nouvelles conventions hospitalières adaptées à leur réalité professionnelle.
Respect de l’indépendance de la justice
Concernant le sort des praticiens condamnés, Patrice Talon a réaffirmé son attachement au principe de séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice. L’Exécutif, souligne le communiqué, s’abstient de toute ingérence dans les procédures en cours. Le Collectif a ainsi été invité à faire confiance aux voies de recours engagées, notamment à travers la procédure d’appel déjà introduite devant la juridiction compétente.
Levée du mouvement et reprise des stages
Au regard des engagements obtenus et de la nécessité d’assurer la continuité du service public hospitalier, le Collectif a décidé de lever le mot d’ordre de suspension. La reprise effective des stages hospitaliers, des gardes et de la formation clinique est intervenue dès ce jour, mardi 17 mars, marquant ainsi un retour progressif à la normale dans les centres de santé.
Des mesures strictes pour encadrer la pratique
Toutefois, cette reprise s’accompagne de directives strictes visant à sécuriser la pratique médicale des professionnels en formation. Parmi les principales mesures figurent :
- l’obligation d’une validation préalable par un médecin senior avant toute décision thérapeutique ;
- la présence physique obligatoire d’un encadrant lors des actes opératoires ;
- la traçabilité médico-légale renforcée des prescriptions ;
- une clarification de la responsabilité des actes cliniques, désormais imputés aux praticiens seniors superviseurs.
Le Collectif appelle à une observance rigoureuse de ces mesures durant la période transitoire précédant l’adoption d’un cadre légal formel.
Un retour au calme sous vigilance
En mettant fin à la suspension des activités hospitalières, les étudiants et médecins en spécialisation entendent concilier leur engagement professionnel avec la poursuite du dialogue engagé avec les autorités de Porto-Novo. « La sécurisation définitive de notre profession est en marche. », souligne la déclaration, qui appelle à la mobilisation et à la discipline de tous les acteurs. Cette sortie de crise, amorcée sous l’impulsion directe du chef de l’État, marque une étape importante dans la réforme attendue du système sanitaire béninois, désormais sous le regard attentif des professionnels du secteur comme de l’opinion publique.





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