Photo : Les participants en famille, à Conakry, lundi 9 mars
La réponse à la question : Pourquoi les maladies évitables refont surface en Afrique de l’Ouest ? n’est pas à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo, mais plutôt à Conakry. En effet, du lundi 9 au vendredi 13 mars, la capitale guinéenne a accueilli un atelier régional stratégique consacré à la finalisation du protocole de recherche sur les déterminants de la recrudescence des maladies évitables par la vaccination dans l’espace CEDEAO (DETAMEV-CEDEAO). Sous l’égide de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, cette rencontre a réuni experts, chercheurs et responsables de programmes de vaccination venus de plusieurs pays de la région.
Des défis sanitaires persistants en Afrique de l’Ouest
Objectif : harmoniser la compréhension du protocole de recherche régional, tout en analysant les facteurs susceptibles d’expliquer la résurgence inquiétante de certaines maladies pourtant évitables grâce à la vaccination. Une problématique devenue cruciale dans un contexte marqué par des défis sanitaires persistants en Afrique de l’Ouest. Au pupitre de la cérémonie d’ouverture des travaux, la ministre guinéenne de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaité Sall, représentée par le Conseiller principal du ministère, Dr Abdoulaye Kaba.
Renforcer les dispositifs de surveillance épidémiologique
L’autorité guinéenne a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance épidémiologique et les mécanismes de prévention. Elle a également plaidé pour une coopération accrue entre les États membres afin de faire face efficacement aux défis sanitaires communs. De son côté, le Directeur national de l’épidémiologie et de la lutte contre la maladie, Gassim Cissé, a salué les progrès réalisés par la Guinée en matière de couverture vaccinale au cours de la dernière décennie. Toutefois, il a rappelé que certaines crises sanitaires, notamment l’épidémie d’Ebola, ont fragilisé les systèmes de santé et entamé la confiance de certaines communautés envers les services de vaccination.
Cerner les causes profondes de la baisse de la couverture vaccinale
Dans son message de bienvenue, le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, représenté par Dr Yves Mongbo, a souligné que l’étude DETAMEV-CEDEAO répond à une demande pressante des États membres. Selon lui, cette initiative vise à mieux cerner les causes profondes de la baisse de la couverture vaccinale afin d’orienter des stratégies régionales plus efficaces. Les travaux techniques ont permis aux différentes délégations nationales de présenter la situation vaccinale dans leurs pays respectifs. Plusieurs défis majeurs ont été identifiés, notamment la fiabilité des données vaccinales, le déficit en ressources humaines qualifiées, les difficultés d’accès à certaines zones enclavées et la montée de l’hésitation vaccinale au sein de certaines communautés.
Vers les politiques de santé publique plus adaptées et résilientes
Face à ces enjeux complexes, les participants ont unanimement plaidé pour une approche multidimensionnelle, combinant analyses quantitatives et qualitatives, tout en intégrant une perspective socio-anthropologique. Une telle démarche, selon les experts, est indispensable pour mieux comprendre les comportements et les facteurs contextuels influençant l’adhésion à la vaccination dans les différents pays de la région. À l’issue de cet atelier, la CEDEAO franchit ainsi une étape importante vers une meilleure compréhension des dynamiques de résurgence des maladies évitables, ouvrant la voie à des politiques de santé publique plus adaptées et résilientes en Afrique de l’Ouest.




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