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De l’amphithéâtre à la prison : L’éminent professeur titulaire à l’UAC, Marcel Romuald Benjamin Houinato, passe sa première nuit derrière les barreaux pour viol sur mineure orpheline de père et de mère

Photo : L’accusé professeur Marcel Romuald Benjamin Houinato


Le monde académique béninois est secoué par une affaire d’une gravité exceptionnelle. L’éminent enseignant-chercheur Marcel Romuald Benjamin Houinato, professeur titulaire à la Université d’Abomey-Calavi (UAC), a passé sa première nuit en détention après son placement sous mandat de dépôt pour des faits présumés de viol sur mineure. Âgé de 65 ans, celui qui était encore récemment une figure respectée de l’élite intellectuelle nationale voit sa carrière basculer brutalement à quelques mois de la retraite. Le Tribunal de Première Instance (TPI) de deuxième classe d’Abomey-Calavi a ordonné son incarcération dans l’attente de son procès annoncé pour avril prochain.

Une accusation accablante

Selon les éléments de l’enquête, le professeur est accusé d’avoir abusé d’une adolescente de 17 ans, orpheline de père et de mère, placée sous sa responsabilité à travers une Organisation Non-Gouvernementale (ONG) qu’il dirigeait. Profitant de la vulnérabilité de la jeune fille et de sa position de « père de substitution », l’universitaire aurait attiré la victime à son domicile situé à Abomey-Calavi, dans le département de l’Atlantique, au Sud du Bénin, où les faits se seraient produits. Les charges retenues contre lui sont lourdes : viol, excitation de mineure à la débauche et abus d’autorité. Présenté au Procureur de la République, le mis en cause aurait reconnu partiellement les faits, tout en avançant une ligne de défense jugée choquante par l’opinion publique.

Une défense controversée, une justice ferme

D’après des sources proches du dossier, Marcel Romuald Benjamin Houinato aurait tenté de minimiser la gravité des actes en affirmant avoir utilisé ses doigts plutôt que son sexe pour pénétrer la victime. Une argumentation qui n’a pas infléchi la décision du parquet. Le magistrat n’est pas allé par quatre chemins pour ordonner son placement immédiat en détention préventive. Cette fermeté judiciaire traduit la sensibilité particulière de l’affaire, qui touche à la protection des mineurs et à la responsabilité morale des figures d’autorité.

Silence et malaise à l’université

À la Faculté des Sciences Agronomiques de l’UAC, l’atmosphère est lourde. Entre stupeur et indignation, collègues et étudiants peinent à réaliser la chute de celui qui incarnait l’excellence académique. Si la présomption d’innocence demeure un principe fondamental, l’onde de choc est profonde au sein de la communauté universitaire. Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les failles potentielles dans les mécanismes de protection des personnes vulnérables, notamment au sein des structures éducatives et sociales.

Un révélateur des VBG

L’affaire Houinato dépasse le cadre du fait divers. Elle relance avec acuité le débat sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) et l’instrumentalisation des positions de pouvoir à des fins de prédation sexuelle. Dans un contexte où les institutions sont censées protéger les plus fragiles, ce scandale pose une question essentielle : qui protège réellement les victimes ? La chute de Marcel Romuald Benjamin Houinato laisse derrière elle une victime brisée et une institution éclaboussée. Elle rappelle, avec brutalité, que les crimes sexuels ne sont ni des dérapages ni des faiblesses, mais des atteintes graves à la dignité humaine, appelant des réponses judiciaires exemplaires. Le procès à venir est désormais attendu comme un moment de vérité, à la fois pour la justice et pour une société en quête de protection accrue pour ses enfants.

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