Photo : Les parlementaires de la CEDEAO en famille avec les autorités béninoises et communautaires, à Cotonou, ce mercredi 25 mars
C’est un moment charnière pour l’avenir sanitaire de l’Afrique de l’Ouest qui s’est joué à Cotonou, ce mercredi 25 mars. Réunis à l’occasion de l’atelier des parlementaires de la CEDEAO sur la mobilisation des ressources domestiques en santé, décideurs politiques, experts et partenaires ont lancé un appel sans équivoque : mettre fin à la dépendance extérieure et faire du financement de la santé une priorité absolue des États. Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), la rencontre s’est tenue sous le haut parrainage du président de l’Assemblée nationale du Bénin, Prof Joseph Fifamin Djogbénou, représenté pour l’occasion par son Directeur de Cabinet, Abou Torou. Plusieurs personnalités de premier plan ont rehaussé l’événement, notamment le Conseiller à la Santé du Chef de l’État, Dr Aristide Gabriel Wladimer Talon, ainsi que l’ancienne ministre de la Santé et ex-Directrice générale de l’OOAS, Prof Dorothée Akoko Kindé-Gazard, présentée comme ministre honoraire de la Santé du Bénin.
Un constat sans appel : la dépendance extérieure n’est plus tenable
Dès l’ouverture, le Directeur général de l’OOAS a planté le décor. Face à la baisse des financements internationaux et aux crises sanitaires successives, il devient impératif pour les États de reprendre le contrôle de leur destin sanitaire. « La question n’est plus de savoir s’il faut mobiliser des ressources, mais comment le faire efficacement et durablement. », a insisté Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, plaidant pour des mécanismes innovants, notamment des taxes spécifiques capables de générer des ressources pérennes.
Hounkpatin : « Peut-on encore se permettre de ne pas financer la santé ? »
Prenant la parole à son tour, après avoir bien suivi et religieusement son compatriote N•1 de l’OOAS, le ministre de la Santé, Prof Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, a marqué les esprits par un discours direct et percutant. Pour celui qui concrétise les réformes courageuses dans le secteur sanitaire au Bénin sous le leadership du président Patrice Talon, l’enjeu dépasse largement les considérations techniques : il s’agit d’une urgence vitale et économique. « Chaque ressource mobilisée doit se traduire par un service amélioré, un accès élargi ou, mieux encore, une vie sauvée. », a déclaré Prof Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin. S’appuyant sur les leçons de la pandémie de COVID-19, il a posé une question centrale qui a résonné dans la salle du Dôme de Sofitel de Cotonou :
« Pouvons-nous encore nous permettre de ne pas financer la santé ? »
L’autorité gouvernementale a également défendu une vision stratégique : investir dans la santé, c’est accroître la productivité, réduire les pertes économiques liées aux maladies et bâtir un capital humain solide. En clair, la santé est l’un des investissements publics les plus rentables à long terme.
Le Parlement en première ligne pour transformer les engagements en actes
Au nom du président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, son Directeur de Cabinet, Abou Torou, pour ouvrir officiellement les travaux, a livré un message fort à l’endroit des élus. Les parlementaires, a-t-il rappelé, sont les véritables architectes des politiques publiques. À ce titre, ils ont la responsabilité d’inscrire la santé au cœur des lois de finances, de contrôler l’utilisation des ressources et de traduire les engagements régionaux en actions concrètes. « Les budgets traduisent les priorités réelles d’une nation. », a souligné Abou Torou, appelant à un sursaut politique pour faire de la santé un pilier central du développement.
Santé et développement : un lien désormais incontestable
Un consensus fort s’est dégagé au fil des interventions : la santé n’est pas une dépense, mais le socle du développement. De la stabilité sociale à la croissance économique, en passant par la productivité et la paix, tous les indicateurs convergent vers une même évidence : un système de santé solide conditionne l’avenir des nations. Dans cette perspective, la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) apparaît comme l’horizon commun. Elle incarne la promesse d’un accès équitable aux soins, sans risque d’appauvrissement pour les populations.
Des engagements attendus, des résultats exigés
Au-delà des discours, les participants ont insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets. L’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action. Mobilisation accrue des ressources internes, transparence dans leur gestion, innovation fiscale, contrôle parlementaire renforcé : les leviers sont identifiés. Reste désormais à les activer avec détermination. Les parlementaires de la CEDEAO sont donc sommés de passer des discours aux actes.
Cotonou, point de départ d’un tournant décisif
Après l’ouverture officielle, les parlementaires de la CEDEAO sont entrés dans le vif du sujet, avec pour ambition de définir des solutions concrètes et adaptées aux réalités des États. Plus besoin de rappeler qu’à travers cette rencontre, la capitale économique béninoise s’impose comme le point de départ d’une nouvelle dynamique régionale, fondée sur la souveraineté sanitaire, la responsabilité politique et la solidarité entre les États.
Une urgence, une responsabilité, un choix historique
Le message final est sans ambiguïté : ne pas investir dans la santé aujourd’hui, c’est compromettre l’avenir des nations demain. Face à cette réalité, les États ouest-africains sont désormais placés devant un choix historique : poursuivre dans la dépendance ou bâtir des systèmes de santé solides, autonomes et résilients. À Cotonou, le signal a été donné. Reste à transformer l’essai. Wait and see !














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