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Mobilisation des ressources en santé : 2% sur le carburant, Dr Aïssi lâche une bombe à la CEDEAO mais l’émotion d’un homme pour sauver la santé de 400 millions d’africains marque les parlementaires à Cotonou

Photo : Le DG OOAS Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, face aux parlementaires de la CEDEAO, à Cotonou, ce jeudi 26 mars


L’atmosphère était à la fois électrique et solennelle ce jeudi 26 mars, dans la salle du Dôme Sofitel de Cotonou, transformée en hémicycle pour accueillir les parlementaires de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Au cœur des échanges sur la mobilisation des ressources domestiques pour la santé, une intervention a particulièrement marqué les esprits : celle du Directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi. Face aux élus communautaires, le patron de l’institution sanitaire régionale n’a pas fait dans la demi-mesure. Dans un exposé dense consacré à la Politique Régionale de Santé Communautaire (PRSC), il a posé les bases d’un changement de paradigme, articulé autour de trois leviers essentiels : les ressources humaines, matérielles et financières. Mais c’est surtout sa proposition phare et bien innovante qui a créé un véritable électrochoc dans la salle.

Une taxe de 2% pour transformer la santé

D’un ton ferme, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi a proposé l’instauration d’un prélèvement de 2% sur le prix du carburant, estimé à 1000 FCFA le litre. Une mesure simple en apparence, mais au potentiel colossal à l’échelle d’un espace communautaire de plus de 400 millions d’habitants. Dans une région portée par une forte croissance démographique (avec le Nigeria en locomotive), une telle taxe pourrait générer des ressources substantielles pour financer durablement les systèmes de
santé. « La santé est le premier élément économique qui existe. », a-t-il rappelé, appelant à une volonté politique forte pour transformer cette idée en ligne budgétaire concrète.

La démographie, une puissance assumée

À rebours des discours alarmistes, le DG de l’OOAS a également tenu à déconstruire certains préjugés. « Faire beaucoup d’enfants en Afrique n’est pas une preuve de pauvreté. Ce n’est pas un frein, c’est une force. », a affirmé Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi avec conviction. Pour le béninois, le capital humain reste la clé du développement :

Un message qui a trouvé un écho particulier auprès des parlementaires, conscients des enjeux liés à la croissance rapide de la population ouest-africaine.

Quand l’émotion dépasse la technicité

Mais au-delà de la rigueur de l’analyse et de la portée des propositions, c’est un moment profondément humain qui a marqué cette session. Visiblement habité par son sujet, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi a laissé transparaître une émotion intense au fil de son intervention. La voix tremblante, les mots lourds de sens, il a failli céder à l’émotion avant d’être interrompu par une salve d’applaudissements nourris des élus du peuple ouest-africain. Dans l’hémicycle improvisé, les députés ne sont pas allés par quatre chemins pour saluer non seulement une vision, mais aussi l’engagement d’un homme déterminé à changer le destin sanitaire de plus de 400 millions de vies.

Un tournant pour la CEDEAO ?

Alors que l’atelier des parlementaires de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest s’achève demain, vendredi 27 mars, une question demeure : cette « bombe » proposée à Cotonou sera-t-elle suivie d’effets ? Entre audace politique et urgence sanitaire, les lignes semblent bouger. Et dans la ville côtière béninoise, beaucoup en sont désormais convaincus : la réforme du financement de la santé en Afrique de l’Ouest ne relève plus du débat ; elle est devenue une nécessité.

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