Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Amélioration du SAP : L’OOAS, le RHSC et l’UNFPA unissent leurs forces à Cotonou

Photo : Les participants en famille, à Cotonou, ce mardi 31 mars


La capitale économique béninoise accueille, dès ce mardi 31 mars, et ce, jusqu’au vendredi 3 avril prochain, un atelier régional stratégique consacré à l’amélioration du Système d’Alerte Précoce (SAP) pour la sécurisation des produits de santé de la reproduction. Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), en partenariat avec la Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC) et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), la rencontre mobilise décideurs, experts et partenaires autour d’un enjeu crucial : mettre fin aux ruptures de contraceptifs dans la région. L’atelier enregistre une participation élargie, réunissant les douze États membres de la CEDEAO, ainsi que la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe et le Congo, invités par l’UNFPA. Cette dernière a également invité des délégations du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Ghana et du Sénégal sont également présentes. La Banque Mondiale participe aux travaux, tandis que la KfW en assure le financement.

Un changement de paradigme face à un contexte en mutation

Dès l’ouverture, les interventions ont convergé vers un même constat : les approches classiques ne suffisent plus. La Représentante de la coalition mondiale a insisté sur l’urgence d’un changement de paradigme. Dans un environnement marqué par des bouleversements imprévisibles et une pression croissante sur les systèmes de santé, elle a plaidé pour une action collective renforcée. « Nous ne pouvons plus continuer à faire les choses de la même manière. », a martelé Alimatou Bio Touré Zohoun, mettant en avant la nécessité d’une synergie entre partenaires pour garantir la disponibilité continue des produits de santé reproductive. Cette dynamique s’appuie notamment sur le comité régional de sécurisation des produits de santé de la reproduction, qui regroupe plusieurs acteurs clés dont l’OOAS, l’UNFPA, Population Services International, l’International Planned Parenthood Federation, Expertise France et le Partenariat de Ouagadougou.

Planifier pour éviter les ruptures

L’un des points forts de l’atelier réside dans la revue conjointe des plans d’approvisionnement, une première en Afrique. Cette initiative vise à permettre aux pays de mieux estimer leurs besoins, d’identifier les écarts de financement et de mutualiser les ressources pour réaliser des économies d’échelle. « Comment garantir la disponibilité des produits sans une planification rigoureuse ? », a interrogé la représentante de la coalition, soulignant que la visibilité des données logistiques, notamment à travers des outils comme le VAN (Visibility Analytic Network), est désormais indispensable pour une prise de décision efficace.

La pression des financements et l’urgence d’agir

Prenant la parole au nom du Directeur Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le Dr Sennen Hounton, le Représentant Résident de l’UNFPA au Bénin, Richmond Tiemoko, a alerté sur un tournant décisif. La baisse progressive des financements extérieurs oblige désormais les États à renforcer la mobilisation des ressources domestiques. « Un plan d’approvisionnement non aligné sur le cycle budgétaire a peu de chances d’être financé. », a-t-il prévenu, insistant sur la nécessité d’intégrer pleinement les produits de santé reproductive dans les budgets nationaux. Richmond Tiemoko a également mis en avant les solutions proposées par l’UNFPA, notamment une plateforme d’achat permettant d’accéder à des produits de qualité à des coûts compétitifs, contribuant ainsi à sécuriser les approvisionnements.

Le SAP, un levier stratégique pour sauver des vies

Représentant le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, le Dr Cletus Adohinzin a rappelé le rôle central du système d’alerte précoce. Véritable outil de gouvernance sanitaire, le SAP permet d’anticiper les pénuries grâce à une meilleure circulation de l’information et à une coordination accrue entre pays. Dans une région où les ruptures de contraceptifs restent fréquentes, cet outil apparaît comme un pilier de la sécurité sanitaire. « Prévenir coûte toujours moins cher que réparer. », a-t-il souligné, appelant à un renforcement des capacités nationales et à une intégration accrue des données dans la prise de décision.

Un enjeu vital pour les femmes et le développement

Ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre de la Santé, le Professeur Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, la Directrice Adjointe de Cabinet (DAC), le Dr Sibylle Assavoédo, a replacé les débats dans une perspective plus large. Citant feu Kofi Annan, la troisième personnalité du Ministère de la Santé du Bénin a rappelé que la santé des femmes constitue le socle du développement durable. Les chiffres avancés par l’UNFPA sont éloquents : des centaines de milliers de vies sauvées grâce à l’accès aux contraceptifs. Dr Sibylle Assavoédo a insisté sur le fait que les ruptures de stocks ne sont pas de simples défaillances logistiques, mais de véritables urgences de santé publique, pouvant entraîner des grossesses non-planifiées et des décès maternels évitables. « Un système de santé efficace n’est pas celui qui réagit aux pénuries, mais celui qui sait les prévenir. », a-t-elle affirmé, appelant à passer d’une gestion des urgences à une culture de l’anticipation.

Des attentes fortes à l’issue des travaux

Au terme de cet atelier, chaque pays est attendu avec une feuille de route claire pour les exercices budgétaires à venir, incluant une estimation précise des besoins, une évaluation des financements disponibles et des stratégies concrètes pour combler les écarts. À Cotonou, une conviction s’impose : seule une action concertée, fondée sur des données fiables, une planification rigoureuse et une solidarité régionale renforcée, permettra de garantir un accès durable aux produits de santé reproductive. Au-delà des discours, l’enjeu est désormais d’agir. Car derrière chaque stock sécurisé, il y a une vie préservée, une femme protégée et un avenir assuré.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.