Photo : Les participants en famille, à Yaoundé, dimanche 29 mars
Du 26 au 29 mars dernier, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a tenu sa 14e Conférence Ministérielle (CM14) à Yaoundé, au Cameroun, réunissant plus de 160 pays autour des enjeux de réforme du commerce mondial. Dans un contexte marqué par la quête de chaînes de valeur plus équitables, le Bénin s’est distingué en s’imposant comme un exemple concret de transformation économique réussie sur le continent africain.
De l’export brut à la valeur ajoutée
Longtemps cantonné à l’exportation de matières premières, notamment le coton, le Bénin a opéré un virage stratégique majeur en misant sur la transformation locale. Une mutation qui change radicalement la donne économique. Hier encore, l’exportation de 40 000 tonnes de coton brut ne générait qu’environ 40 millions de dollars. Aujourd’hui, grâce à la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), ce même volume transformé en produits finis rapporte près de 800 millions de dollars. Une multiplication par vingt qui illustre la puissance de la valorisation locale. Mieux encore, un kilogramme de coton béninois permet désormais de produire environ quatre t-shirts destinés à des géants mondiaux comme Zara ou H&M, preuve que les produits issus du pays répondent aux standards internationaux les plus exigeants.
Une attractivité industrielle en pleine expansion
Le succès du modèle béninois ne se limite pas aux performances économiques. Il se traduit également par une capacité accrue à attirer des multinationales de premier plan. Des marques telles que Nike, Zara et H&M s’approvisionnent désormais dans le pays, consolidant sa place dans les chaînes de valeur mondiales.
Cette dynamique conforte l’idée que l’Afrique peut non seulement transformer ses ressources, mais aussi exporter des produits finis compétitifs sur les marchés internationaux.
La clé : une volonté politique assumée
Pour George Elombi, responsable à Afreximbank, le facteur déterminant de cette réussite est clair :
« L’argent n’est pas le problème… c’est la volonté politique. »
Selon lui, comme vous pouvez l’écouter dans l’extrait ci-dessous, la décision des autorités de Porto-Novo d’interdire l’exportation de coton brut afin de protéger les industries locales a été décisive. Une orientation stratégique qui inspire désormais plusieurs pays africains, notamment le Cameroun, le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Mali, désireux de rompre avec leur dépendance aux matières premières.
Un modèle africain en construction
À l’heure où l’OMC encourage une réforme du commerce mondial plus inclusive, le cas du Bénin apparaît comme une démonstration tangible des bénéfices de l’industrialisation locale. En misant sur la transformation, le pays ne se contente plus de produire : il crée de la valeur, de l’emploi et une nouvelle image pour le « Made in Africa ». À Yaoundé, au cœur des discussions internationales, le message béninois a résonné comme un signal fort : l’avenir du continent passe par la maîtrise de ses ressources et leur transformation sur place.












Soyez le premier a laisser un commentaire