Photo : Le Commissaire aux Affaires Politiques Paix et Sécurité de la CEDEAO, Abdel-Fatau Musah (D) et le Représentant Résident de la CEDEAO au Bénin, Amadou Diongue (G), à Cotonou, ce mardi 14 avril
À quelques heures de la présentation de sa déclaration préliminaire sur le scrutin présidentiel, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réuni, dans la matinée de ce mardi 14 avril, l’ensemble de ses observateurs déployés sur le terrain pour une séance de briefing stratégique à Cotonou. Conduite par le Commissaire aux Affaires Politiques, Paix et Sécurité (APPS) de la CEDEAO, Abdel-Fatau Musah, représentant le Chef de mission, Nana Akufo-Addo, cette rencontre s’inscrit dans la dernière phase de consolidation des observations avant la communication officielle attendue à la mi-journée.
Une étape décisive dans l’évaluation du scrutin
Face aux observateurs de court et long terme, le Commissaire a salué leur engagement et leur mobilisation sur l’ensemble du territoire, malgré les défis logistiques rencontrés. « L’essentiel est que chacun soit revenu sain et sauf. C’est notre première préoccupation. », a Abdel-Fatau Musah souligné, au nom du président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray. L’Ambassadeur a rappelé que la mission d’observation s’inscrit dans un contexte régional marqué par de fortes tensions, entre les impératifs démocratiques et les menaces de déstabilisation. « Nous évoluons dans un environnement où s’opposent deux logiques : celle de la prise du pouvoir par les armes et celle de l’expression par les urnes. », a indiqué Abdel-Fatau Musah, insistant sur la nécessité pour la CEDEAO d’afficher sa solidarité envers les peuples engagés dans la voie démocratique.
Une observation inscrite dans la durée
Le responsable de la CEDEAO a également mis en avant le caractère structuré du dispositif d’observation, amorcé bien avant le scrutin avec des missions d’évaluation préélectorale, puis renforcé par le déploiement progressif d’observateurs de long et de court terme. Selon le responsable communautaire, ce travail de suivi a permis de disposer d’une lecture globale et approfondie de l’environnement électoral au Bénin. Il a, par ailleurs, rappelé les efforts d’accompagnement consentis par l’organisation régionale, notamment à travers un appui technique et des actions de sensibilisation auprès des différents acteurs du processus.
Une déclaration fondée sur les réalités du terrain
Le briefing a également permis de faire le point sur la collecte et la centralisation des données issues du terrain. Grâce à un dispositif de suivi en temps réel, les observations, défis et progrès enregistrés ont été compilés dans un projet de déclaration préliminaire. Toutefois, a insisté le Commissaire, « ce document ne saurait être complet sans les retours des observateurs déployés ». La session a ainsi été consacrée à la restitution des expériences vécues dans les différentes localités du pays, dans le but de valider ou d’affiner les conclusions déjà établies. Dans un souci d’objectivité, il a rappelé que la mission ne se substitue pas aux institutions nationales, mais se limite à rapporter fidèlement les faits observés sur le terrain, conformément aux standards internationaux.
Une parole attendue à la mi-journée
Ce briefing intervient au lendemain de la réunion des Chefs de mission d’observation internationale, tenue à huis clos à Cotonou, et qui n’avait donné lieu à aucune déclaration officielle. Toutes les attentions sont désormais tournées vers la prise de parole du Chef de mission de la CEDEAO, attendue ce mardi à midi, aux côtés des autres missions internationales, notamment celle de l’Union Africaine (UA). Dans un contexte régional sensible, la déclaration préliminaire de la CEDEAO est particulièrement attendue, tant au niveau national que sous-régional, comme un indicateur clé de l’appréciation internationale du processus électoral béninois.


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