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Sô-Ava : « Retirez mon nom de la liste des morts », l’appel bouleversant d’un pêcheur vivant, devant la justice après la découverte de son propre acte de décès dans l’armoire de son épouse

Scène pour le moins surréaliste dans la commune de Sô-Ava, département de l’Atlantique, au Sud du Bénin. Un homme de 47 ans, identifié sous les initiales J.B., pêcheur de profession, affirme avoir découvert un acte de décès établi à son propre nom, alors qu’il était bel et bien vivant. Selon les informations rapportées, l’homme procédait au rangement de documents administratifs dans une armoire appartenant à son épouse lorsqu’il est tombé sur le document incriminé.

Une « noyade accidentelle sur le lac Nokoué »

L’acte, daté du 12 mars 2026, porterait le cachet d’un officier d’état civil de la mairie de Sô-Ava et mentionnerait comme cause du décès une « noyade accidentelle sur le lac Nokoué ». La découverte aurait eu lieu le lundi 4 mai dernier. Sous le choc, J.B. dit avoir d’abord cru à une mauvaise plaisanterie avant de réaliser l’ampleur de la situation. « J’ai eu les mains qui tremblaient. Je me suis vu mort, enterré, alors que je respire encore. Ma femme n’était pas à la maison. J’ai attendu des heures avant de pouvoir lui demander des explications. », aurait-il confié.

Un faux décès pour débloquer un terrain familial

Confrontée aux faits, son épouse aurait éclaté en sanglots avant d’évoquer une supposée procédure de succession initiée par certains membres de la famille afin de débloquer un litige autour d’un terrain familial. Elle affirme ne pas avoir souhaité mener la démarche à terme et soutient ignorer que l’acte de décès avait déjà été officiellement délivré. Du côté des autorités communales, la mairie de Sô-Ava reconnaît l’existence du document dans ses registres administratifs. Une enquête interne a été ouverte afin de situer les responsabilités. « Il s’agit d’un cas grave de fausse déclaration. L’officier d’état civil qui a signé l’acte sera entendu. », a indiqué une source municipale.

Annulation pure et simple de l’acte litigieux

Depuis le mardi 12 mai, J.B. a engagé une procédure judiciaire devant le Tribunal de Première Instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi afin d’obtenir l’annulation pure et simple de l’acte litigieux. Encore marqué psychologiquement par cette affaire, le pêcheur dit vouloir retrouver une vie normale. « Je veux vivre en paix. Je veux que mon nom soit retiré de la liste des morts. C’est traumatisant. », a-t-il déclaré. Cette affaire inhabituelle relance les interrogations sur les mécanismes de contrôle au sein des services d’état civil et sur les conséquences juridiques que peuvent entraîner les fausses déclarations administratives au Bénin.

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