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Investiture de Wadagni : la présence remarquée du Niger malgré les tensions avec le Bénin

Photo : Le couple présidentiel béninois, Romuald et Nathalie Viellette Wadagni, recevant les civilités du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, à Cotonou, ce dimanche 24 mai


Si aucun chef d’État étranger n’a effectué le déplacement pour assister à l’investiture du nouveau président béninois, Romuald Mbueke Kossi Wadagni, ce dimanche 24 mai, à Cotonou, la cérémonie a néanmoins enregistré la présence de plusieurs personnalités et délégations étrangères venues témoigner leur considération au nouveau chef de l’État béninois. Parmi les figures internationales présentes, celle du président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray, a particulièrement retenu l’attention dans un contexte régional marqué par de profondes recompositions diplomatiques et sécuritaires.

Un climat de méfiance persistante entre Niamey et Porto-Novo

Mais c’est surtout la présence d’une délégation du Niger conduite par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine qui a suscité de nombreux commentaires, tant les relations entre Bénin et le Niger traversent depuis plusieurs mois une zone de fortes turbulences diplomatiques. Cette participation nigérienne intervient en effet dans un climat de méfiance persistante entre Niamey et Porto-Novo. Malgré la décision des autorités béninoises de rouvrir leur frontière dans un geste d’apaisement, le Niger maintient toujours fermée sa frontière avec son voisin du Sud.

Des allégations infondées

Au cœur de la crise, les autorités nigériennes accusent le Bénin d’abriter des installations militaires françaises susceptibles d’être utilisées dans des opérations de déstabilisation contre le régime militaire nigérien. Des accusations régulièrement rejetées par les autorités béninoises, qui dénoncent des allégations infondées tout en plaidant pour un retour à des relations apaisées.

AES a pris ses distances avec la CEDEAO

Cette crispation diplomatique dépasse cependant le simple cadre bilatéral. Elle s’inscrit dans une profonde recomposition géopolitique en Afrique de l’Ouest depuis les coups d’État militaires intervenus au Sahel. Le Niger, aux côtés du Burkina Faso et du Mali, a officiellement pris ses distances avec la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, dénonçant les sanctions et pressions exercées par l’organisation sous-régionale à la suite des transitions militaires dans ces pays. Les trois États sahéliens ont depuis créé l’Alliance des États du Sahel, une coalition politico-militaire qui redessine progressivement les équilibres stratégiques dans la région.

Possible début de décrispation entre les deux pays ?

À l’opposé, le Bénin continue d’afficher son ancrage au sein de la CEDEAO et son attachement aux institutions régionales traditionnelles, accentuant de fait la ligne de fracture entre les pays membres de l’AES et les États restés fidèles à l’organisation ouest-africaine. Dans ce contexte tendu, la présence du Premier ministre nigérien à la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni apparaît comme un signal diplomatique scruté de près par les observateurs régionaux, certains y voyant un possible début de décrispation entre les deux pays voisins malgré les divergences persistantes.

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