Photo : L’ancien président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye (à G) et l’ancien Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko (à D)
Nouveau coup de théâtre sur la scène politique sénégalaise. Au lendemain du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko et de la dissolution du gouvernement par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Sénégal enregistre une nouvelle secousse institutionnelle avec la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale. Dans une déclaration solennelle publiée, ce dimanche 24 mai, le désormais ex-président du Parlement sénégalais annonce avoir pris cette décision « après une profonde réflexion, mûrie dans le silence, la responsabilité et le sens de l’État ».
La gravité du moment politique
Une sortie qui intervient dans un contexte de fortes turbulences politiques au sommet du pouvoir entre les principales figures du Pastef. Sans évoquer explicitement la crise qui secoue actuellement la gouvernance, El Malick Ndiaye laisse transparaître la gravité du moment politique. « Cette décision procède d’un choix personnel, guidé avant tout par ma conception des institutions, de la responsabilité publique et de l’intérêt supérieur de la Nation. », écrit-il.
Un nouveau signal fort des fractures internes
Figure montante du Pastef et considéré comme l’une des principales têtes de la jeune génération au pouvoir, El Malick Ndiaye occupait un poste stratégique dans l’architecture institutionnelle sénégalaise depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Diomaye–Sonko. Sa démission apparaît dès lors comme un nouveau signal fort des fractures internes qui traversent actuellement le camp présidentiel. Dans son message parvenu, l’ancien président de l’Assemblée nationale revient sur son passage à la tête du Parlement, mettant en avant les efforts consentis pour « le renforcement de notre institution », « la consolidation des principes de transparence » ainsi que « le rayonnement du Parlement sénégalais ».
Un hommage appuyé aux militants et responsables du Pastef
Il a également tenu à remercier l’ensemble des acteurs politiques et administratifs avec lesquels il a collaboré, tout en adressant un hommage appuyé aux militants et responsables du Pastef. « Leur engagement constant, leur fidélité aux idéaux de transformation et leur confiance ont constitué pour moi une source permanente de force. », souligne-t-il. Mais au-delà des remerciements, plusieurs observateurs voient dans cette démission un acte hautement politique. Les appels répétés à « la stabilité des institutions », au « dialogue républicain » et à « la cohésion nationale » résonnent comme un avertissement face au climat de tension qui s’installe progressivement au sommet de l’État.
Ndiaye démissionne et plonge davantage le pouvoir dans la tourmente
Alors que le divorce entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko semble désormais consommé, le départ d’El Malick Ndiaye risque d’alimenter davantage les spéculations sur de possibles recompositions au sein du Pastef et des institutions sénégalaises. Malgré son retrait de la présidence de l’Assemblée nationale, l’ancien responsable parlementaire assure vouloir poursuivre son engagement politique « au service de la démocratie, de la République et de l’ambition collective pour le Sénégal ». Cette nouvelle démission de haut niveau confirme en tout cas que le Sénégal traverse l’une des périodes politiques les plus sensibles depuis l’alternance historique de 2024. Entre ruptures internes, repositionnements stratégiques et lutte d’influence au sommet du pouvoir, les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir de la gouvernance en place.


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