Photo : Le président Romuald Wadagni, et le ministre malien des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop, à Cotonou, lundi 25 mai
Quelques heures après avoir reçu le président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Dr Omar Alieu Touray, au Palais de La Marina, le président Romuald Mbueke Kossi Wadagni a accordé, le même lundi 25 mai, une audience au ministre malien des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop, émissaire du président de la Transition du Mali, Général Assimi Goïta. Une séquence diplomatique hautement symbolique dans un contexte régional marqué par les tensions persistantes entre la CEDEAO et les pays membres de l’Alliance des États du Sahel, composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso.
Félicitations et les vœux de Goïta à Wadagni
Dans un communiqué officiel, parvenu à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo, ce mardi 26 mai. le Ministère malien des Affaires Étrangères a indiqué qu’Abdoulaye Diop représentait le président Assimi Goïta lors de la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni organisée dimanche 24 mai à Cotonou, aux côtés des autres délégations de haut niveau des pays de l’AES. Selon Bamako, le chef de la diplomatie malienne a transmis à l’homme fort de Porto-Novo les chaleureuses félicitations du président de la Transition ainsi que ses vœux de réussite et de prospérité pour le peuple béninois.
Mali – Bénin, une coopération fondée sur « le respect de la souveraineté »
Le ministre Abdoulaye Diop a également réaffirmé la disponibilité du Mali à bâtir avec le Bénin une coopération fondée sur « le respect de la souveraineté de nos États, de nos choix stratégiques, y compris les choix de nos partenaires ». Une déclaration à forte portée diplomatique dans une sous-région profondément recomposée par les crises sécuritaires, les transitions militaires et les divergences politiques entre la CEDEAO et l’AES. Le président Romuald Wadagni s’est, de son côté, réjoui de la présence des autorités maliennes à son investiture, y voyant un témoignage de « l’estime et de la considération » accordées aux relations historiques entre les deux pays.
Un signal diplomatique fort envoyé par le Bénin
Le nouveau chef de l’État béninois a également exprimé la solidarité du Bénin envers le Mali dans sa lutte contre le terrorisme, un sujet qu’il avait déjà placé au cœur de son discours d’investiture devant plusieurs milliers d’invités au Palais des Congrès de Cotonou (PCC). La succession, le même jour à La Marina, des audiences accordées au président de la Commission de la CEDEAO puis à l’émissaire d’Assimi Goïta apparaît, pour plusieurs observateurs, comme un signal diplomatique fort envoyé par le nouveau pouvoir béninois.
Wadagni appelle les pays ouest-africains à « travailler ensemble »…
À travers cette double séquence diplomatique, Romuald Wadagni semble vouloir positionner le Bénin comme un acteur d’équilibre et de dialogue dans une Afrique de l’Ouest fracturée entre les institutions régionales traditionnelles et les nouvelles dynamiques portées par l’AES. Cette posture rejoint d’ailleurs les propos tenus par le président béninois lors de son investiture, lorsqu’il appelait les pays ouest-africains à « travailler ensemble » face au péril terroriste et à bâtir « une Afrique puissante » fondée sur la coopération et les choix stratégiques souverains des États.





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