Photo : Le chef de l’État béninois, Romuald Wadagni, et le président de la transition nigérienne, Général Abdourahamane Tiani, à Niamey, ce mardi 2 juin
Frontière, sécurité, coopération : Porto-Novo et Niamey tournent la page de la crise et se donnent quinze jours pour lever les obstacles
À peine revenu de sa première visite officielle au Nigeria, le président Romuald Mbueke Kossi Wadagni a poursuivi son offensive diplomatique en direction de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce mardi 2 juin, le chef de l’État béninois s’est rendu à Niamey pour une visite officielle auprès du président de la transition nigérienne, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Cette rencontre, la première entre les deux dirigeants depuis l’élection de Romuald Wadagni, marque un tournant majeur dans les relations entre le Bénin et le Niger, longtemps affectées par des tensions diplomatiques et la fermeture persistante de la frontière nigérienne. Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la visite, parvenu à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo, ce mardi 2 juin, le président béninois a été chaleureusement accueilli par son homologue nigérien « dans un esprit fraternel » reflétant les liens historiques et privilégiés entre les deux peuples.
Une visite hautement symbolique
Cette visite intervient :
- Deux jours après la première sortie internationale de Romuald Wadagni au Nigeria ;
- Dans un contexte de tensions persistantes entre Cotonou et Niamey ;
- Après plusieurs mois de fermeture de la frontière nigérienne ;
- Au moment où le Niger poursuit son engagement au sein de l’AES tandis que le Bénin demeure un membre influent de la CEDEAO.
Un tête-à-tête au sommet
Au cœur de cette visite figurait un entretien en tête-à-tête entre Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani, suivi d’une séance de travail élargie aux délégations des deux pays. Les échanges ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment les questions sécuritaires, la coopération économique, les relations bilatérales ainsi que les évolutions de la situation sous-régionale et internationale. Les deux chefs d’État ont procédé à un examen approfondi des défis auxquels sont confrontés leurs pays respectifs dans un climat décrit comme « cordial et constructif ».
La lutte contre le terrorisme au centre des discussions
Face à la dégradation du contexte sécuritaire au Sahel et dans certaines zones de l’Afrique de l’Ouest, les deux dirigeants ont affiché une convergence de vues. Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani ont réaffirmé leur engagement à unir leurs efforts contre le terrorisme et le banditisme transfrontalier qui continuent de menacer la stabilité de la sous-région. Pour les deux présidents, aucun programme de développement durable ne peut prospérer sans sécurité.
Ce que les deux présidents ont décidé
Renforcer la coopération sécuritaire ; Intensifier les échanges politiques et économiques ; Relancer la commission mixte nigéro-béninoise ; Accroître les échanges scientifiques et culturels ; Lever progressivement les obstacles à la coopération bilatérale ; Travailler à la réouverture de la frontière entre les deux pays.
Le dossier sensible de la frontière enfin abordé
L’annonce la plus importante de cette visite concerne sans doute la question de la frontière entre le Bénin et le Niger. Dans leur communiqué, les deux chefs d’État ont reconnu la nécessité de lever les obstacles qui entravent le renforcement de la coopération entre les deux pays. Ils se sont engagés à œuvrer en faveur de la réouverture de la frontière Bénin-Niger, devenue l’un des principaux symboles de la crise diplomatique entre les deux voisins. Pour accélérer le processus, un comité d’experts a été mis en place. Sa mission sera de recenser les difficultés existantes et de proposer des solutions concrètes. Le comité dispose d’un délai de quinze jours pour remettre son rapport aux deux chefs d’État.
La décision qui pourrait changer la donne
Un comité d’experts bénino-nigérien a été créé avec un mandat de quinze jours pour :
- Identifier les blocages persistants ;
- Proposer des solutions consensuelles ;
- Faciliter la réouverture de la frontière ;
- Accélérer la normalisation des relations bilatérales.
Une initiative qui pourrait marquer le début d’un rapprochement durable entre Porto-Novo et Niamey.
Vers une nouvelle ère entre le Bénin et le Niger ?
Au-delà des questions sécuritaires et frontalières, Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani ont exprimé leur volonté commune de hisser la coopération bilatérale à un niveau supérieur, à la hauteur des attentes de leurs peuples. Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de renforcer les échanges politiques, économiques, scientifiques et culturels dans un esprit de fraternité et de solidarité. À l’issue de la rencontre, le président béninois a invité son homologue nigérien à effectuer une visite officielle au Bénin. Une invitation acceptée par Abdourahamane Tiani, dont la date sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.
Wadagni poursuit sa diplomatie du dialogue
Après son tête-à-tête avec le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, hier lundi, à Abuja, puis cette visite à Niamey aujourd’hui mardi, Romuald Wadagni imprime déjà sa marque sur la diplomatie béninoise. En moins de quarante-huit heures, le nouveau locataire du Palais de La Marina a multiplié les initiatives en direction des principaux acteurs de la sous-région, privilégiant le dialogue, la concertation et la coopération. Cette visite au Niger pourrait ainsi rester comme l’un des premiers actes diplomatiques majeurs du nouveau septennat, avec en ligne de mire un objectif clairement affiché : rétablir la confiance, renforcer la sécurité et favoriser le développement partagé entre les peuples béninois et nigérien.


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