Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Un préfet chez lui ? Pas forcément : Les mystérieux choix de Romuald Wadagni pour les préfectures du septennat

Photo : Le président Romuald Wadagni


Le Conseil des ministres de ce mercredi 3 juin, a marqué une étape importante dans la mise en place de l’administration territoriale du septennat du président Romuald Wadagni. Au titre des nominations prononcées au Ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale (MDGL), les douze préfets des douze départements du Bénin ont été désignés. Si certaines reconductions ont retenu l’attention, plusieurs permutations territoriales opérées par le chef de l’État suscitent déjà commentaires et interrogations au sein de l’opinion publique et des observateurs de la vie politique béninoise.

Des préfets nommés loin de leurs terres d’origine

Parmi les nominations annoncées, plusieurs choix apparaissent comme une rupture avec certaines habitudes administratives. Ainsi, Laurent Zomaï, originaire de Lokossa dans le département du Mono, prend les commandes du département du Zou. De son côté, Me Ruffino d’Almeida, natif de Bohicon dans le Zou et ancien maire de cette même ville, hérite du département du Couffo. Autre nomination remarquée, celle de Délonix Djiméco Kogblévi, personnalité politique de la 15ᵉ Circonscription électorale couvrant Akpakpa à Cotonou, qui est appelée à diriger le département du Plateau. Ces choix illustrent une logique qui semble privilégier l’expérience administrative et les compétences de gestion plutôt que l’ancrage territorial des intéressés. « Pourquoi ces permutations ? » s’interrogent déjà plusieurs observateurs. Une question à laquelle seul le président Romuald Wadagni et son équipe rapprochée peuvent véritablement répondre.

Raphaël Akotègnon fait son retour

L’une des nominations les plus commentées demeure celle de Raphaël Akotègnon. Ancien ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale sous Patrice Talon, il effectue un retour remarqué dans l’administration territoriale en prenant la tête du département de l’Atlantique, l’un des plus stratégiques du pays. Sa parfaite connaissance des collectivités territoriales et des mécanismes de gouvernance locale pourrait constituer un atout majeur pour ce département qui abrite notamment Abomey-Calavi, la commune dortoir du Bénin.

Des figures de la décennie Talon maintenues

Au-delà des nouvelles nominations, le président Romuald Wadagni a également choisi de maintenir plusieurs préfets déjà en poste sous l’administration précédente. C’est le cas de :

  • Ahmed Bello Ky-Samah, reconduit dans l’Alibori ;
  • Dêdêgnon Bienvenu Milohin, maintenu dans le Mono ;
  • Marie Akpotrossou, qui conserve la préfecture de l’Ouémé.

Ces reconductions traduisent une volonté de continuité administrative dans certains départements jugés stratégiques.

Déré Chabi Nah, toujours parmi les rares femmes préfètes

La représentativité féminine reste relativement faible au sein du corps préfectoral béninois. Toutefois, Déré Lydie M. Chabi Nah, qui figurait déjà parmi les rares femmes préfètes du pays sous Patrice Talon, demeure en fonction. Ancienne préfète de l’Atacora, elle est désormais nommée préfète du département de la Donga. Elle reste ainsi l’une des deux femmes à diriger une préfecture dans le nouveau dispositif territorial mis en place par le président Romuald Wadagni.

Les douze préfets du septennat Wadagni

La nouvelle carte préfectorale du Bénin se présente désormais comme suit :

  • Alibori : Ahmed Bello Ky-Samah
  • Atacora : Jacques Rolland Amadou
  • Atlantique : Raphaël Akotègnon
  • Borgou : Abdoul-Chakour Assouma
  • Collines : Saliou Odoubou
  • Couffo : Ruffino d’Almeida
  • Donga : Déré Lydie M. Chabi Nah
  • Littoral : Gilbert Déou
  • Mono : Dêdêgnon Bienvenu Milohin
  • Ouémé : Marie Akpotrossou
  • Plateau : Délonix Kogblévi
  • Zou : Laurent Zomaï

Une stratégie de gouvernance territoriale à décrypter

À travers ces nominations, le président Romuald Wadagni semble vouloir imprimer sa propre marque à l’administration territoriale tout en conservant certaines figures expérimentées de la décennie précédente. Entre continuité, renouvellement et redéploiement des cadres, cette nouvelle configuration préfectorale apparaît comme l’un des premiers signaux de la méthode Wadagni : s’appuyer sur des profils jugés compétents, quitte à les déployer loin de leurs bases d’origine. Une approche qui sera scrutée de près dans les prochains mois, alors que le nouveau chef de l’État a fait de la gouvernance de proximité et de la réduction des disparités territoriales l’une des priorités majeures de son septennat.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.