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Sénat : Avant son installation officielle, la chambre tient sa première réunion préparatoire le 24 juillet prochain

Photo : L’album des 25 membres du Sénat


Le compte à rebours est lancé pour l’installation du tout premier Sénat de l’histoire du Bénin. À quelques jours de la cérémonie officielle prévue le jeudi 30 juillet, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, les vingt-cinq membres désignés de la nouvelle institution sont convoqués à une réunion de travail le vendredi 24 juillet prochain. Cette rencontre préparatoire, révélée par Bip Radio, constitue une étape décisive avant l’entrée en fonction de cette nouvelle chambre issue de la révision constitutionnelle de novembre 2025. Selon les informations disponibles, aucun ordre du jour détaillé n’a encore été rendu public. Toutefois, cette séance devrait permettre aux futurs sénateurs d’harmoniser leurs positions sur les questions organisationnelles et institutionnelles en prélude à leur installation officielle.

Nicéphore Soglo convoque les futurs sénateurs

La convocation a été adressée aux membres du Sénat par le doyen d’âge, l’ancien président de la République Nicéphore Dieudonné Soglo, qui présidera également la séance inaugurale du jeudi 30 juillet prochain, au siège de l’Assemblée nationale, à Porto-Novo. Cette première réunion marque ainsi le véritable lancement des activités de la nouvelle institution, appelée à occuper une place importante dans l’architecture institutionnelle du Bénin. Parmi les personnalités appelées à siéger figurent plusieurs figures bien connues de la vie publique béninoise, notamment les anciens ministres Pascal Irénée Koupaki, Sacca Lafia et Adidjatou Mathys. L’ancien candidat à l’élection présidentielle du dimanche 12 avril dernier, Paul Hounkpè, fait également partie des membres désignés. L’ensemble de ces nominations a été entériné lors du Conseil des ministres du mercredi 1er juillet 2026.

Une réunion préparatoire avant le grand jour

Selon les premiers éléments recueillis, cette rencontre du 24 juillet devrait essentiellement servir à préparer la cérémonie d’installation officielle du Sénat. Les futurs membres pourraient également examiner les principaux dossiers qui attendent la haute chambre dès son entrée en fonction et définir les modalités pratiques de son fonctionnement. Au-delà de ces aspects organisationnels, les discussions pourraient porter sur les premières orientations de cette institution appelée à jouer un rôle majeur dans le fonctionnement des institutions de la République.

La présidence du Sénat au cœur des spéculations

Depuis l’adoption de la révision constitutionnelle de novembre 2025, une question domine le débat public : celle de l’identité du futur président du Sénat. Le nom de l’ancien président Patrice Talon revient régulièrement parmi les hypothèses. Toutefois, l’ancien chef de l’État avait lui-même écarté cette éventualité le 12 avril dernier, estimant que cette responsabilité devrait revenir à des personnalités plus expérimentées. Il avait notamment évoqué les anciens présidents Nicéphore Dieudonné Soglo, âgé de 94 ans, et Thomas Boni Yayi, 74 ans. La désignation du président du Sénat constituera l’un des enjeux majeurs de cette première mandature, tant cette fonction sera déterminante pour l’autorité, le fonctionnement et le rayonnement de la nouvelle institution.

Une institution aux pouvoirs inédits

Créé par la révision constitutionnelle de novembre 2025, le Sénat introduit une innovation majeure dans l’organisation institutionnelle du Bénin. La nouvelle chambre se voit notamment reconnaître un pouvoir de sanction à l’égard des acteurs politiques. Elle pourra prononcer la suspension ou le retrait des droits civiques et politiques de toute personne dont les actes ou les déclarations seraient jugés susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale. Le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le président du Conseil économique et social sont exclus du champ d’application de cette disposition.

85 ans au plus

Pour siéger au Sénat, les membres doivent être âgés de 85 ans au plus. Une disposition transitoire prévoit toutefois que, pour cette première mandature, la limite d’âge est exceptionnellement portée à 90 ans afin de permettre notamment la participation d’anciens présidents de la République. La haute chambre comptera au minimum vingt-cinq membres. Elle rassemble de droit les anciens présidents de la République, les anciens présidents de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, auxquels s’ajoutent cinq personnalités issues des Forces de défense et de sécurité, désignées conjointement par le président de la République et le président de l’Assemblée nationale.

L’équilibre des pouvoirs

Avec cette réunion du 24 juillet puis son installation officielle le 30 juillet, le Bénin s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire institutionnelle. Plus qu’une simple formalité, ces rendez-vous marqueront l’entrée en fonction d’une institution appelée à jouer un rôle stratégique dans l’équilibre des pouvoirs et la consolidation de la démocratie béninoise.

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