Un agent de la Police Républicaine comparaît devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) pour des faits présumés d’abus de fonction. Au cœur de l’affaire, une somme de 30 000 FCFA que l’agent aurait perçue après avoir facilité le départ de l’épouse du militant panafricaniste Stellio Gilles Robert Capo Chichi alias Kemi Seba, à l’aéroport international de Cotonou. Le ministère public a requis 24 mois de prison, dont 12 mois fermes, ainsi qu’une amende d’un million de FCFA.
La lutte contre les atteintes à la probité publique connaît un nouvel épisode devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Un agent de la Police Républicaine, placé en détention provisoire depuis plusieurs jours, a comparu le mardi 14 juillet, pour répondre d’accusations d’abus de fonction.
Une assistance à l’aéroport devenue une affaire judiciaire
Selon les éléments présentés à l’audience, les faits remontent au passage à l’aéroport international de Cotonou de l’épouse de Kemi Seba, alors détenu en Afrique du Sud. De nationalité belge, la voyageuse devait regagner la Belgique alors que son visa béninois était arrivé à expiration. Craignant de rencontrer des difficultés pour quitter le territoire, elle aurait sollicité l’aide de son époux, qui se serait tourné vers le policier afin de faciliter les formalités de départ. L’enquête relève toutefois que cette intervention n’était pas indispensable. En tant que ressortissante belge retournant dans son pays d’origine, la voyageuse pouvait quitter le territoire avec son passeport, sans autre formalité particulière. Malgré cela, le policier aurait reçu, après son intervention, un transfert de 30 000 FCFA envoyé par la dame en guise de remerciement.
Les échanges découverts lors de l’enquête
L’affaire aurait émergé dans le cadre des investigations menées autour du dossier Kemi Seba. Les enquêteurs, après avoir exploité le téléphone de son épouse, y auraient découvert des échanges mettant en évidence les contacts avec le fonctionnaire de police. Les investigations auraient également établi que ce dernier avait été sollicité à deux reprises. À la suite de ces découvertes, il a été interpellé, présenté au parquet spécial puis placé sous mandat de dépôt.
Le parquet requiert une peine exemplaire
À l’audience du 14 juillet, la cinquième substitut du procureur spécial a estimé que le policier s’était rendu coupable d’abus de fonction en acceptant une somme d’argent en contrepartie d’un acte accompli dans le cadre de ses fonctions. Le ministère public a ainsi requis 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes, ainsi qu’une amende d’un million de FCFA.
La défense plaide la relaxe
Assuré par Me Brice Houssou, le policier conteste les accusations. Son Conseil a demandé à la Cour de prononcer la relaxe au bénéfice du doute. Selon la défense, les investigations se sont inscrites dans une démarche visant à identifier toutes les personnes ayant apporté une aide à la famille de Kemi Seba. L’avocat a également soutenu que, lors d’une seconde sollicitation, son client avait refusé d’intervenir, expliquant qu’il n’était plus affecté à l’aéroport de Cotonou, mais désormais en poste à Savè.
Verdict attendu en octobre
À l’issue des réquisitions du ministère public et des plaidoiries de la défense, la CRIET a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le mardi 20 octobre prochain. La décision permettra de déterminer si la perception des 30 000 FCFA constitue effectivement un abus de fonction au sens de la loi, comme le soutient l’accusation, ou si les arguments de la défense suffiront à écarter toute responsabilité pénale de l’agent poursuivi.


Soyez le premier a laisser un commentaire