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18,5% seulement : Faire entrer les femmes au cœur du pouvoir, « L’Histoire se souvient de ceux qui ont le courage d’agir », Damtien Tchintchibidja secoue la CEDEAO dans son dernier combat

Photo : La Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja, à Abuja, ce jeudi 30 juillet


À quelques semaines de la fin de son mandat à la Vice-Présidence de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja a choisi un combat hautement symbolique pour conclure son passage à la tête de l’institution : celui de la représentation des femmes dans le leadership politique. À Abuja, où elle a livré le discours majeur du Forum de haut niveau sur le leadership politique des femmes, la responsable a appelé la région à passer des promesses aux actes. Un plaidoyer de fin de mandat qui pourrait devenir l’un de ses principaux legs politiques à la CEDEAO.

« Il y a des moments où une Communauté peut façonner l’Histoire »

Dès les premières lignes de son discours, Damtien Larbli Tchintchibidja a donné une dimension historique à la rencontre d’Abuja.

« Il y a des moments dans la vie d’une Communauté où elle a l’occasion de façonner l’Histoire. Je crois que nous sommes à l’un de ces moments. »

Quelques jours plus tôt, à Freetown, les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO avaient adopté la Déclaration présidentielle sur le renforcement de la représentation des femmes dans le leadership politique. Pour la Vice-Présidente, ce texte doit désormais sortir du registre des engagements pour devenir un véritable programme d’action.

18,5%, un chiffre qui interpelle

Damtien Tchintchibidja a mis en lumière une réalité difficile à ignorer : les femmes ne représentent que 18,5% des sièges parlementaires en Afrique de l’Ouest. Ce niveau de représentation demeure en décalage avec le poids réel des femmes dans les sociétés ouest-africaines. Elles représentent plus de la moitié de la population et occupent une place centrale dans les économies, la cohésion sociale, la construction de la paix et le développement des communautés. Pour la Vice-Présidente, cette situation ne peut plus être considérée comme une simple statistique : elle pose directement la question de la qualité et de l’inclusivité des démocraties de la région.

« La Déclaration donne une occasion d’agir »

Pour Damtien Tchintchibidja, la bataille se joue désormais sur plusieurs fronts : réforme des lois, transformation des partis politiques, financement des campagnes, mentorat, formation et lutte contre les normes sociales qui limitent encore l’accès des femmes au pouvoir. Elle défend ainsi une approche qui ne se limite pas à augmenter les chiffres, mais qui vise à créer de véritables conditions d’accès et d’exercice du pouvoir.

Un discours de fin de mandat, mais surtout un message d’avenir

Le moment était particulièrement chargé d’émotion. Damtien Larbli Tchintchibidja a reconnu que ce Forum se déroulait alors que son mandat de Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO touche à sa fin. Elle a cependant choisi de conclure cette étape sur une note qu’elle résume en un mot :

« HOPE » — l’espoir que la Déclaration des dirigeants ouvrira de nouvelles voies aux femmes, renforcera les institutions et contribuera à construire un avenir plus inclusif pour la région.

« L’Histoire se souvient de ceux qui ont le courage d’agir »

La Vice-Présidente n’a pas caché son ambition de voir cette déclaration devenir l’un des héritages durables du cinquantenaire de la CEDEAO. Son message final prend la forme d’un avertissement et d’un encouragement :

« L’Histoire se souvient rarement de ceux qui se sont contentés de reconnaître la nécessité du changement ; elle se souvient de ceux qui ont eu le courage de le faire advenir. »

Puis elle a formulé son souhait le plus fort : voir chaque fille et chaque femme de la région croire en un avenir où toutes les possibilités de leadership lui sont ouvertes.

Le dernier legs de Damtien Tchintchibidja ?

Au terme du Forum d’Abuja, une question demeure : la Déclaration présidentielle changera-t-elle réellement le visage du pouvoir en Afrique de l’Ouest ? La réponse dépendra des États, des partis politiques, des Parlements et de la capacité de la CEDEAO à assurer le suivi des engagements pris. Mais une chose est certaine : pour Damtien Larbli Tchintchibidja, la bataille est désormais clairement posée. Les femmes ne doivent plus seulement être consultées ; elles doivent participer pleinement à la décision et au pouvoir. Et à quelques semaines de son départ de la Vice-Présidence de la Commission, ce plaidoyer pourrait bien constituer l’une des signatures politiques les plus fortes de son mandat.

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