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Diaspora Connect 2026 : « La première richesse du XXIᵉ siècle ne naît plus du sous-sol », Serge Ekué mise tout sur les talents

Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, à Cotonou, ce vendredi 31 juillet (David Gnaha)


Le pétrole, le gaz, les minerais et les métaux stratégiques ont longtemps été considérés comme les principales sources de puissance des États. Mais pour Serge Ekué, cette époque est en train de s’achever. À la 2ᵉ édition du Forum Diaspora Connect, le président de la BOAD a placé le capital humain au centre de la bataille économique de l’Afrique. « La première richesse du XXIᵉ siècle n’est plus extraite du sous-sol. Elle naît de l’intelligence, de la créativité et de la capacité d’innovation des femmes et des hommes. », a-t-il affirmé.

Une jeunesse africaine comme avantage stratégique

Pour le dirigeant béninois, la démographie africaine constitue l’un des atouts majeurs du continent. Plus de 60% de la population africaine a moins de 25 ans et près de 400 millions d’Africains ont entre 15 et 35 ans. Une situation démographique sans équivalent qui, selon lui, peut devenir le plus grand potentiel économique, entrepreneurial et technologique du continent. Mais cette jeunesse ne deviendra une richesse que si les États réussissent à la former, à la connecter aux opportunités et à lui permettre de créer de la valeur.

« Les capitaux suivent désormais les talents »

Serge Ekué estime également que les règles de l’investissement international ont profondément évolué. Les investisseurs ne recherchent plus uniquement les pays disposant de grandes ressources naturelles ou de vastes marchés. Ils recherchent des environnements stables, prévisibles et innovants, surtout des femmes et des hommes capables de transformer une idée en entreprise, puis une entreprise en champion régional ou mondial. « Les capitaux suivent désormais les talents autant qu’ils suivent les marchés. », a-t-il résumé. Une conviction qui place la formation, la recherche, l’innovation, l’entrepreneuriat et la gouvernance au cœur de la compétitivité future du Bénin.

De l’aspiration au projet bancable

Serge Ekué veut surtout rapprocher les mondes qui fonctionnent encore trop souvent en parallèle. Universités et entreprises, chercheurs et investisseurs, jeunes entrepreneurs et mentors doivent pouvoir évoluer au sein d’écosystèmes communs. « Nous visons à réduire le passage de l’aspiration à un projet bancable. », a-t-il expliqué. Pour le président de la Banque basée à Lomé, la capitale togolaise, l’argent est indispensable, mais il ne suffit pas. La connaissance, l’innovation, la confiance, les réseaux et la capacité à réunir les acteurs sont tout aussi déterminants.

Le défi du Bénin

Dans cette nouvelle bataille mondiale, Serge Ekué estime que le Bénin ne doit pas chercher à copier les modèles étrangers. « Il y a un modèle béninois. », a-t-il affirmé, plaidant pour que le pays valorise sa singularité, sa stabilité, son ouverture et son esprit entrepreneurial. À Cotonou, son message est clair : le véritable avantage compétitif du Bénin n’est peut-être pas sous terre, mais dans les femmes et les hommes qui portent son avenir.

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