Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, à Cotonou, ce vendredi 31 juillet (David Gnaha)
« Quel sillon ai-je tracé ? »
Cette interrogation lancée par Serge Ekué à la 2ᵉ édition du Forum Diaspora Connect (FDC) a pris des allures de question générationnelle. Pour le président de la BOAD, le Bénin ne gagnera pas la compétition du XXIᵉ siècle avec les seuls efforts de Porto-Novo. La transformation exige une alliance nouvelle entre pouvoirs publics, universités, entreprises, banques, investisseurs et diaspora.
Le développement, une œuvre collective
« Le développement est une œuvre collective », a insisté Serge Ekué.
À ses yeux, aucun acteur ne peut transformer durablement un pays à lui seul. L’État doit garantir un environnement stable et transparent. Les universités doivent rapprocher la recherche des besoins de l’économie. Les entreprises doivent prendre davantage de risques. Les banques doivent développer des instruments adaptés. Les investisseurs doivent accepter le risque entrepreneurial. Quant à la diaspora, elle doit jouer pleinement son rôle de passerelle avec le reste du monde. C’est cette alliance, estime-t-il, qui peut donner toute sa force à la vision Bénin 2060.
« Le capital-risque est la réponse »
Serge Ekué a également appelé le secteur privé à changer de culture face à l’entrepreneuriat. « Entreprendre, c’est risqué. Le capital est lié au risque. Le capital-risque est la réponse. », a-t-il martelé. Pour le dirigeant béninois, le Bénin ne pourra construire une économie d’innovation sans accepter que certaines initiatives échouent et que certaines prises de risque soient nécessaires pour faire émerger les champions de demain.
De l’indépendance politique à la souveraineté économique
Le président de la BOAD inscrit cette transformation dans une lecture historique. La génération des parents a conquis l’indépendance politique. La suivante a consolidé les institutions. La génération actuelle doit désormais conquérir la souveraineté économique, financière et technologique. Cette souveraineté ne signifie pas se fermer au monde. Elle signifie créer davantage de valeur au Bénin, transformer les ressources localement, développer les entreprises nationales, produire des innovations et accroître la capacité du pays à financer son propre développement.
« Le Bénin de 2060 jugera notre génération »
Serge Ekué a finalement placé chaque participant face à sa responsabilité historique.
« Que dira le Bénin de 2060 de notre génération ? »
La question n’est plus seulement celle de la réussite individuelle, du patrimoine ou de la carrière. Elle devient celle de l’héritage laissé aux générations suivantes. « Notre avenir n’est écrit nulle part, si ce n’est dans nos mains et dans notre énergie. », a-t-il déclaré. Et de conclure par un appel sans ambiguïté à la génération actuelle : investir, apprendre, entreprendre, créer, transmettre, inspirer et bâtir. À Cotonou, dans la capitale économique béninoise, Serge Ekué n’a donc pas seulement parlé de diaspora ou de financement. Il a posé une question plus profonde : que sommes-nous prêts à laisser derrière nous pour que le Bénin de 2060 soit plus prospère que celui que nous avons reçu ?


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