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Église du Christianisme Céleste : La réunification fragilisée par les réserves du diocèse du Togo

Le processus de réunification de l’Église du Christianisme Céleste (ECC), engagé dans l’objectif de restaurer l’unité au sein de cette communauté religieuse, connaît un nouvel épisode de tensions. Dans une lettre ouverte adressée aux responsables du Conseil Supérieur de Mise en Œuvre (CSMO), le Collectif des chargés de paroisse du diocèse du Togo exprime de vives préoccupations sur plusieurs décisions prises dans le cadre de la transition, tout en réaffirmant son attachement à une réunification fondée sur le respect des textes et la transparence.

Des interrogations sur le statut du chef mondial

Au cœur des préoccupations des responsables togolais figure la situation du Révérend Pasteur Bennett Akande Adeogun. Le collectif estime que le rôle de celui qu’il considère comme le chef mondial de l’Église est remis en cause sans base statutaire clairement établie. Dans leur correspondance, les signataires demandent au CSMO de fournir des explications précises sur les fondements juridiques et ecclésiastiques ayant conduit à l’instauration d’un régime d’intérim. Selon eux, toute évolution de la gouvernance de l’Église devrait impérativement s’appuyer sur les textes qui régissent son fonctionnement afin d’éviter toute contestation susceptible de compromettre le processus de réunification.

Le pèlerinage de Sèmè au centre des contestations

Autre sujet de désaccord, l’implication du Conseil Supérieur de Mise en Œuvre dans l’organisation du pèlerinage annuel de Sèmè, au Bénin. Le Collectif des chargés de paroisse du Togo considère que cette responsabilité relève exclusivement du Siège suprême de Porto-Novo. Pour les responsables togolais, toute intervention d’une autre structure dans cette organisation constitue une entorse aux prérogatives traditionnellement reconnues au siège historique de l’Église.

Une représentativité jugée insuffisante

La lettre ouverte évoque également la composition des instances de médiation mises en place dans le cadre de la réunification. Le collectif déplore une représentation qu’il juge insuffisante du Togo et remet en question la légitimité d’un représentant présenté comme n’ayant reçu aucun mandat officiel pour parler au nom du diocèse. Les auteurs de la correspondance estiment qu’un processus de réconciliation durable ne peut réussir sans une représentation équilibrée des différentes composantes de l’Église.

Un appel à la transparence pour préserver l’unité

Malgré ces critiques, le Collectif des chargés de paroisse du diocèse du Togo insiste sur son engagement en faveur de l’unité de l’Église du Christianisme Céleste. Les responsables appellent l’ensemble des parties prenantes à privilégier le dialogue, la transparence et le respect des textes afin de préserver la confiance des fidèles et la paix au sein de la communauté. Fondée le 29 septembre 1947 à Porto-Novo par le Prophète Samuel Bilewu Joseph Oshoffa (1909-1985), digne fils de Davié, l’Église du Christianisme Céleste demeure une institution religieuse emblématique, reconnue comme la seule grande Église d’origine africaine créée par un Béninois. Pour les responsables togolais, le succès du processus de réunification passe avant tout par le respect de cet héritage spirituel et institutionnel, dans un esprit de justice, de concertation et de fraternité entre les fidèles.

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