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CEDEAO : À Noépé-Akanu, le Ghana, le Togo et le Bénin mobilisés pour fluidifier les frontières et booster le commerce régional

Photo : La Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja, au poste-frontière juxtaposé de Noépé-Akanu, entre le Togo et le Ghana, ce jeudi 13 août


La Commission de la CEDEAO a organisé, jeudi 13 août, un dialogue et une campagne de sensibilisation de haut niveau au poste-frontière juxtaposé de Noépé-Akanu, entre le Togo et le Ghana. Une initiative destinée à accélérer la mise en œuvre des mécanismes communautaires de libre circulation, de facilitation des échanges et de transport sur le corridor Abidjan-Lagos.

À la frontière, l’intégration régionale prend une dimension très concrète. Derrière les textes communautaires et les décisions des chefs d’État se trouvent des voyageurs, des commerçants, des transporteurs et des marchandises qui franchissent quotidiennement les frontières ouest-africaines. C’est précisément autour de ces réalités que la Commission de la CEDEAO a organisé, ce jeudi, un dialogue et une campagne de sensibilisation de haut niveau au poste-frontière commun de Noépé-Akanu, entre le Togo et le Ghana. Placée sous l’autorité de la Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja, la rencontre a réuni les principaux acteurs intervenant dans la mobilité et les échanges transfrontaliers, avec une attention particulière accordée aux femmes et aux jeunes.

Faire de la libre circulation une réalité sur le terrain

L’objectif affiché par la Commission est clair : renforcer la mise en œuvre effective des instruments régionaux destinés à faciliter la circulation des personnes, des biens et des services. Le dialogue a ainsi permis de mettre autour de la même table les agents des services frontaliers, les commerçants transfrontaliers, les transporteurs et les autres parties prenantes. Une démarche qui vise à rapprocher les politiques communautaires des réalités vécues quotidiennement aux frontières. Car si la CEDEAO dispose depuis plusieurs décennies d’un cadre régional pour la libre circulation, la réalité des corridors demeure confrontée à différents défis. La sensibilisation des acteurs apparaît dès lors comme un levier essentiel pour améliorer l’application des mécanismes communautaires.

ENBIC, SIGMAT, postes-frontières conjoints : les outils de l’intégration

La rencontre de Noépé-Akanu a également permis de mettre en lumière plusieurs initiatives et instruments développés par la CEDEAO. Parmi eux figure notamment la carte d’identité biométrique nationale de la CEDEAO (ENBIC), conçue pour faciliter la mobilité des citoyens de l’espace communautaire. Les échanges ont également porté sur le SIGMAT, les postes-frontières conjoints ainsi que le projet d’autoroute supranationale du corridor Abidjan-Lagos. Le contrôle de la surcharge des véhicules a également été abordé, dans une perspective d’amélioration de la sécurité et de l’efficacité du transport régional. À travers ces différents dispositifs, la Commission entend favoriser une circulation plus fluide, mais également rendre les échanges commerciaux plus prévisibles.

Les femmes et les jeunes au cœur des préoccupations

Une attention particulière a été accordée aux femmes et aux jeunes, deux catégories particulièrement présentes dans les activités commerciales et la mobilité transfrontalière. La campagne de sensibilisation vise notamment à leur permettre de mieux connaître leurs droits, les mécanismes communautaires disponibles et les procédures destinées à faciliter leurs déplacements et leurs activités économiques. Pour la CEDEAO, améliorer la fluidité des frontières ne relève donc pas uniquement de la facilitation administrative. Il s’agit également de créer un environnement plus favorable aux activités économiques et à l’autonomisation des acteurs du commerce transfrontalier.

Du dialogue aux recommandations concrètes

Au-delà de la sensibilisation, la rencontre de Noépé-Akanu devait servir de cadre à l’identification des difficultés rencontrées sur le terrain. Les discussions ont permis aux différents acteurs de partager leurs expériences et de faire remonter les défis qui affectent encore la mobilité transfrontalière, le commerce, le transit et le transport. La Commission de la CEDEAO entend ainsi renforcer la coopération entre les différents services chargés du contrôle aux frontières et les acteurs économiques. Les échanges doivent déboucher sur des recommandations pratiques visant à rendre la circulation et le commerce transfrontaliers plus sûrs, plus efficaces et plus prévisibles.

Noépé-Akanu, laboratoire concret de l’intégration régionale

Le choix du poste-frontière de Noépé-Akanu, situé sur l’un des axes majeurs de l’Afrique de l’Ouest, n’est pas anodin. Le corridor Abidjan-Lagos constitue un espace stratégique pour les échanges régionaux. Son efficacité dépend largement de la capacité des États et des institutions communautaires à réduire les obstacles à la circulation et à améliorer la coordination entre les différents services. À Noépé-Akanu, la CEDEAO entend donc faire progresser une idée centrale de son projet d’intégration : les frontières doivent faciliter les échanges plutôt que les entraver. À travers ce dialogue de haut niveau, l’organisation régionale poursuit ainsi son ambition de transformer les instruments communautaires en mécanismes réellement opérationnels, au bénéfice des populations, des commerçants et des transporteurs. De la libre circulation à la facilitation du commerce, le défi est désormais de faire en sorte que l’intégration ouest-africaine se vive concrètement à chaque poste-frontière.

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