Photo : Image illustrative de la publication du ministre sénégalais de la Microfinance et de l’Économie Sociale et Solidaire, Alioune Badara Dione, ce mercredi 2 septembre
Le nouvel accord entre le Sénégal et le Fonds Monétaire International (FMI) suscite déjà des réactions au sein du gouvernement. Ce mercredi 2 septembre, le ministre de la Microfinance et de l’Économie Sociale et Solidaire, Alioune Badara Dione, a adressé ses « vives félicitations » au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, après l’accord conclu entre Dakar et l’institution financière internationale. Dans une publication sur son compte LinkedIn, le ministre présente cet accord comme « historique », aussi bien par le contexte dans lequel il intervient que par le niveau des ressources mobilisées. Cette réaction intervient au lendemain de l’annonce par le FMI d’un accord au niveau des services avec les autorités sénégalaises pour un nouveau programme économique et financier. L’accord, d’une durée de 36 mois, porte sur environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de DTS, et doit encore être soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI.
_Une confiance renouvelée envers le chef de l’État
Dans son message, Alioune Badara Dione voit dans cet accord une manifestation de la confiance de la communauté financière internationale envers le leadership de Bassirou Diomaye Faye. « Je me permets de vous adresser mes vives félicitations à la suite de cet accord qui témoigne de la confiance de la communauté financière internationale en votre leadership et en votre capacité à conduire le Sénégal vers des lendemains meilleurs. », écrit le ministre. Pour lui, les réformes engagées par le gouvernement ainsi que la démarche de rassemblement prônée par le chef de l’État peuvent contribuer à créer un environnement plus favorable à la stabilité économique et financière du pays.
Un accord de 2,2 milliards de dollars
- Montant envisagé : environ 2,2 milliards de dollars
- Durée : 36 mois
- Période couverte : 2026–2029
- Instrument : Facilité Élargie de Crédit (FEC)
- Statut : accord au niveau des services, encore soumis aux instances dirigeantes du FMI.
Stabilité macroéconomique et investissement en ligne de mire
Dans sa déclaration, le ministre de la Microfinance estime que la politique de réformes conduite par le président de la République ouvre « une nouvelle perspective pour la stabilité macroéconomique, l’investissement et la prospérité » du Sénégal. Cette appréciation intervient alors que le nouveau programme soutenu par le FMI vise notamment à restaurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance durable tirée par le secteur privé. Le programme prévoit également un renforcement des finances publiques et de la transparence budgétaire, ainsi que des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et à promouvoir l’inclusion financière.
Un accord dans un contexte financier délicat
Le nouvel accord intervient après une période particulièrement difficile dans les relations entre Dakar et le FMI, marquée par la découverte d’importantes dettes précédemment non déclarées et la suspension du précédent programme de financement. Le FMI indique désormais que l’approbation du nouveau programme nécessitera notamment la mise en œuvre de mesures correctrices liées au dossier de communication d’informations erronées, ainsi que des assurances de financement de la part des partenaires du Sénégal.
Alioune Badara Dione réaffirme son « total dévouement »
Au-delà de la dimension économique, la déclaration du ministre revêt également une dimension politique. Alioune Badara Dione profite de son message pour renouveler publiquement son engagement aux côtés du chef de l’État. « En vous renouvelant mon total dévouement, je souhaite plein succès à notre pays et vous assure de mon engagement total dans la mise en œuvre de ce programme au service du peuple sénégalais. », affirme-t-il. Une déclaration qui intervient dans une période où l’exécutif sénégalais entend désormais mettre en œuvre les réformes liées au nouveau programme avec le FMI.
Le FMI ouvre une nouvelle séquence
L’accord conclu au niveau des services du FMI pourrait permettre au Sénégal de retrouver un accès à des financements internationaux et de mobiliser davantage de ressources auprès d’autres partenaires au développement. Selon le FMI, le programme devrait notamment contribuer à mobiliser des financements de la Banque mondiale, de la Banque Africaine de Développement (BAD) et d’autres partenaires.
Un test majeur pour le gouvernement
Avec ce nouvel accord, le gouvernement sénégalais se retrouve face à un défi majeur : transformer les engagements pris dans le cadre du programme en résultats concrets pour l’économie et les populations. Le FMI table notamment sur une croissance de 6,7 % en 2025, portée par la première année complète de production pétrolière, tandis que la croissance hors hydrocarbures a ralenti à 2,2 %. Au premier trimestre 2026, cette dernière a toutefois rebondi à 4,7 % sur un an. Pour Alioune Badara Dione, l’heure est donc désormais à l’action. Après les négociations et l’accord, place à la mise en œuvre du programme économique et financier, avec en ligne de mire la stabilité des finances publiques, l’investissement, l’inclusion financière et l’amélioration des conditions de vie des sénégalais. La réaction du ministre traduit ainsi le message que le gouvernement veut désormais porter : l’accord avec le FMI ne doit pas seulement être perçu comme une bouée financière, mais comme un levier pour accélérer les réformes et restaurer durablement la confiance dans l’économie sénégalaise.


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