Photo : Palais de justice de Lomé
Après plusieurs semaines passées en détention à Lomé, les journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ainsi que leur collaborateur togolais Komi Mawufemo Vedomey ont retrouvé la liberté. Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Lomé a décidé, mardi 1er septembre, leur mise en liberté provisoire. Les trois hommes restent toutefois poursuivis pour « fausses déclarations », dans une affaire liée à un tournage de la série documentaire Les Routes de l’impossible dans le Nord du Togo.
Plusieurs semaines derrière les barreaux
Le dossier connaît un nouveau développement. Après leur incarcération à Lomé, les trois membres de l’équipe de tournage sont désormais libres, mais leur affaire judiciaire est loin d’être terminée. La décision de leur accorder la liberté provisoire a été prise mardi 1er septembre par le TGI de Lomé, après plusieurs semaines de détention. Les conditions précises de cette remise en liberté ainsi que les éventuelles restrictions qui leur sont imposées n’étaient toutefois pas encore connues mercredi 2 septembre. Les trois hommes demeurent inculpés pour « fausses déclarations », une qualification retenue par la justice togolaise au terme de l’enquête ouverte après leur interpellation.
Une arrestation lors d’un tournage dans le nord
L’affaire remonte au jeudi 27 juillet 2026, lorsque Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et leur collaborateur togolais ont été interpellés dans le Nord du Togo alors qu’ils réalisaient un épisode de la série documentaire « Les Routes de l’impossible ». Les autorités togolaises leur reprochent notamment l’utilisation d’un drone dans le cadre de leur mission. Un élément particulièrement sensible dans cette partie du pays, confrontée à une situation sécuritaire tendue en raison d’attaques jihadistes récurrentes. Dans un communiqué conjoint publié fin août dernier, les ministères togolais de la Sécurité et de la Justice avaient affirmé que l’enquête avait permis de relever « des indices graves et concordants » susceptibles de justifier les poursuites engagées contre les trois intéressés. Les autorités avaient également fait état de « plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution » du projet de tournage.
La société de production conteste les accusations
Ces accusations sont contestées par la société française Tony Comiti Productions, qui produit la série documentaire. L’entreprise assure que les trois hommes étaient en règle dans le cadre de leur mission. Selon leur avocat, les journalistes ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés et contestent les accusations formulées à leur encontre. Le différend porte notamment sur les autorisations administratives liées au tournage et à l’utilisation d’un drone dans certaines zones du territoire togolais.
Perez Pezzani libéré en premier
Avant la décision concernant Gaël Mocaër et Komi Mawufemo Vedomey, Sebastian Perez Pezzani avait déjà bénéficié d’une mesure de liberté sous contrôle judiciaire à la fin du mois d’août. Indisposé, le journaliste avait été autorisé à quitter la détention afin notamment de pouvoir suivre des soins à Lomé. Son passeport avait toutefois été confisqué dans le cadre de cette mesure. La libération de Gaël Mocaër et de Fred Vedomey (également désigné dans le dossier sous le nom de Komi Mawufemo Vedomey) a, elle, été annoncée mardi soir.
La procédure judiciaire se poursuit
Si cette mise en liberté constitue un tournant dans l’affaire, elle ne signifie donc pas la fin des poursuites. Les trois hommes restent concernés par la procédure judiciaire engagée au Togo et devront répondre des faits qui leur sont reprochés. La justice togolaise devra désormais poursuivre son instruction afin de déterminer les responsabilités dans ce dossier. L’affaire intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible dans le Nord du Togo, où les autorités renforcent le contrôle des activités susceptibles de concerner des zones considérées comme stratégiques ou sensibles. Pour leur défense comme pour leur société de production, l’enjeu demeure désormais de faire valoir que le tournage avait été réalisé dans le respect des règles applicables. La justice togolaise, elle, devra poursuivre son travail pour établir les faits et trancher les responsabilités.


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