Photo : Le DG OOAS, Prof Vincent Palokinam Pitché, au CRSCM, à Abuja, ce jeudi 3 septembre
À peine installé à la tête de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, le nouveau Directeur général a choisi de se rendre au Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies. Un choix qui en dit long sur les enjeux de son début de mandat.
Ce n’est probablement pas un hasard. Trois jours seulement après son entrée en fonction, le Professeur Vincent Palokinam Pitché a choisi le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies (CRSCM) pour effectuer sa première visite de travail au sein d’une structure de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). À Abuja, ce jeudi 3 septembre, le nouveau patron de l’institution sanitaire de la CEDEAO est allé au contact d’un dispositif placé au cœur de la surveillance sanitaire régionale. Au-delà d’une simple visite de prise de contact, ce déplacement constitue un premier signal de la manière dont le nouveau Directeur général entend appréhender sa mission : comprendre les réalités du terrain, écouter les équipes et renforcer les synergies entre les différentes composantes de l’OOAS.
La surveillance, première ligne de défense
Le choix du CRSCM prend tout son sens au regard de la mission de cette structure. Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à des menaces sanitaires qui ignorent les frontières, la capacité à détecter rapidement une maladie, à analyser les risques et à coordonner une réponse constitue un enjeu stratégique. Épidémies, maladies infectieuses émergentes ou réémergentes et risques sanitaires transfrontaliers imposent aux États de disposer de mécanismes de surveillance performants et surtout capables de fonctionner en réseau. En venant au CRSCM dès les premiers jours de son mandat, Vincent Palokinam Pitché met ainsi indirectement en lumière l’importance de cette chaîne : surveiller, détecter, alerter, coordonner et agir.
Un choix cohérent avec son parcours
Le choix de cette première étape résonne également avec le parcours professionnel du nouveau DG de l’OOAS. Médecin hospitalo-universitaire, spécialiste de santé publique et professeur titulaire de dermato-vénéréologie, Vincent Palokinam Pitché possède une longue expérience dans la lutte contre les maladies, la gestion de programmes de santé et la coordination des acteurs. Pendant près de deux décennies, il a notamment été au cœur de la riposte togolaise contre le VIH/Sida. Coordonnateur national du Programme national de lutte contre le Sida de 2007 à 2012, puis Coordonnateur national du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST, il a acquis une expérience importante dans la surveillance, la prévention, la prise en charge et la mobilisation des ressources. Son parcours régional et international l’a également amené à travailler avec l’OMS, l’ONUSIDA, l’USAID, le PNUD, l’UNFPA et l’OOAS.
Écouter avant d’agir
La visite au CRSCM révèle également une méthode. Plutôt que de commencer son mandat par une succession d’annonces, le nouveau Directeur général a choisi de se rendre auprès des équipes, de s’informer sur les activités en cours et de prendre connaissance des difficultés rencontrées. La séance de travail lui a permis de faire le point sur les réalisations récentes du Centre, ses défis opérationnels et ses perspectives de développement. Cette démarche peut être lue comme une volonté de prendre le pouls de l’institution avant de fixer de nouvelles orientations. Une approche particulièrement importante pour un responsable qui prend les commandes d’une organisation régionale dont l’efficacité repose largement sur la coordination entre plusieurs structures et États.
La coordination au cœur du message
Au terme de la visite, Vincent Palokinam Pitché a réaffirmé son soutien au CRSCM et insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite et harmonieuse au sein de l’OOAS. Ce message est loin d’être anodin. La surveillance sanitaire régionale ne peut être efficace si les informations, les expertises et les capacités de réponse restent cloisonnées. Elle exige au contraire une circulation rapide de l’information et une coordination permanente entre les différents acteurs. En choisissant le CRSCM pour son premier déplacement de travail, le nouveau DG semble donc envoyer un message clair : la sécurité sanitaire régionale passe d’abord par des structures solides, connectées et capables de travailler ensemble.
Un premier signal sur les priorités du mandat
Il serait prématuré de tirer de cette seule visite l’ensemble des priorités du nouveau Directeur général. Mais ce premier déplacement fournit déjà un indice intéressant sur les enjeux auxquels il accorde une attention particulière. Après avoir consacré une grande partie de sa carrière à la santé publique et à la lutte contre le VIH au Togo, Vincent Palokinam Pitché entre désormais dans une dimension régionale. À la tête de l’OOAS, il devra transformer son expérience nationale en une capacité d’action au service de plusieurs pays. Et son premier choix de terrain est révélateur : au lieu de commencer par les discours, il commence par la surveillance ; au lieu de rester dans les bureaux, il va au contact des équipes.
Le signal de la méthode
Le déplacement au CRSCM pourrait ainsi être considéré comme le premier marqueur du nouveau mandat : proximité avec les équipes, connaissance des réalités opérationnelles, coordination et anticipation des risques sanitaires. La suite permettra de vérifier si cette première impulsion se transforme en véritable ligne directrice. Mais à Abuja, ce jeudi 3 septembre, Vincent Palokinam Pitché a déjà posé un premier acte. Et le choix du CRSCM, au tout début de son mandat, n’est certainement pas sans signification.


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