Photo : Les acteurs en famille, à Cotonou, ce jeudi 3 septembre
Face à l’aggravation des effets du changement climatique sur la santé des populations, le gouvernement béninois passe à l’action. Le projet « Renforcement de la résilience sanitaire des communautés vulnérables au changement climatique dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (ABD) » a été officiellement lancé, jeudi 3 septembre, à Cotonou. La cérémonie a été présidée par le ministre du Cadre de Vie et des Transports, Georges Alè, en présence du ministre de la Santé, Professeur Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, et de Luc Marie-Constant Gnacadja, maire de Cotonou et président de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB). Plusieurs acteurs institutionnels et partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet ont également pris part à cette rencontre.
Près de 98.000 bénéficiaires directs
Financé par le Fonds Vert pour le Climat (GCF), le projet SAP055 apporte une réponse intégrée aux conséquences sanitaires du dérèglement climatique dans la basse vallée de l’Ouémé. L’initiative devrait permettre de renforcer directement la résilience de près de 97.900 personnes, auxquelles s’ajouteront environ 213.800 bénéficiaires indirects. Au total, ce sont donc quelque 311.700 personnes qui devraient bénéficier directement ou indirectement des retombées du projet. L’initiative devrait également contribuer à une réduction estimée à 12.494 tonnes de CO₂ équivalent, traduisant la volonté d’articuler adaptation au changement climatique, protection de l’environnement et amélioration de la santé publique.
Paludisme, maladies cardiovasculaires et infections respiratoires ciblés
Selon le Directeur général du Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC), *Appolinaire D. Gnanvi*, le projet s’attaque notamment à plusieurs pathologies dont la prévalence ou la gravité peuvent être influencées par les changements environnementaux. Le paludisme, les maladies cardiovasculaires et les infections respiratoires aiguës figurent ainsi parmi les principales préoccupations prises en compte. L’ambition est de développer une approche qui ne dissocie plus les enjeux environnementaux des problématiques sanitaires, particulièrement dans les communautés exposées aux conséquences du changement climatique.
Des infrastructures sanitaires aux alertes climatiques
Le projet prévoit un éventail d’interventions destinées à mieux préparer les populations et les structures sanitaires aux risques climatiques. Il est notamment prévu de renforcer les infrastructures sanitaires, de réduire les risques liés aux vecteurs de maladies, d’installer des jardins botaniques médicinaux, de développer des systèmes d’alerte et d’améliorer l’accès des populations à l’information climatique. Ces différentes actions doivent permettre aux communautés de mieux anticiper les risques et d’adapter leurs comportements et leurs dispositifs de prévention face aux phénomènes climatiques susceptibles d’affecter leur santé.
Hounkpatin appelle à une gestion rigoureuse des ressources
Pour le ministre de la Santé, Professeur Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, la mobilisation des ressources ne suffira pas à elle seule à garantir le succès du projet. Il a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux et d’une gestion efficiente des ressources mobilisées pour atteindre les résultats escomptés. Le ministre a également invité les autorités locales et les cadres techniques à maintenir la dynamique ayant conduit à l’élaboration et à la validation du projet. Un appel qui place la responsabilité des acteurs locaux au cœur de la réussite de cette initiative.
Les communes appelées à jouer un rôle déterminant
De son côté, le ministre Georges Alè a salué la synergie développée entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, la société civile et les partenaires internationaux. Il a particulièrement insisté sur le rôle des communes dans l’appropriation des interventions, condition essentielle, selon lui, pour assurer leur ancrage dans les réalités locales et leur pérennité. À travers ce projet, les communes d’Adjohoun, Bonou et Dangbo sont appelées à devenir des acteurs majeurs d’une stratégie combinant adaptation climatique, prévention sanitaire et développement durable. Avec le lancement du SAP055, le Bénin entend ainsi mieux protéger les communautés vulnérables de la basse vallée de l’Ouémé et renforcer la capacité de son système sanitaire à faire face aux conséquences croissantes du changement climatique.








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